Avec la pollution, faire du vélo à Paris "n'est pas bon pour la santé" : Agnès Buzyn dit-elle vrai ?

Avec la pollution, faire du vélo à Paris "n'est pas bon pour la santé" : Agnès Buzyn dit-elle vrai ?
Politique

À LA LOUPE – L'ex-ministre de la Santé a estimé que faire du vélo à Paris présentait des risques "avec la pollution actuelle". Une affirmation démentie par… le ministère de la Santé lui-même.

Sur le plateau de la Grande confrontation, les candidats à la mairie de Paris ont proposé mercredi soir leurs proposition en matière de transport et d'écologie. Investie par LaREM, Agnès Buzyn a notamment indiqué lors du débat que le vélo dans la capitale représentait à ses yeux un risque. "Courir sur les voies sur berges aujourd'hui ou faire du vélo à Paris aujourd'hui avec la pollution actuelle, je pense que ce n'est pas bon pour la santé". 

Cette déclaration a fait bondir de leur selle bon nombre de cyclistes, et a même été reprise par le journal américain Forbes, qui s'est étonné qu'une "ancienne ministre de la Santé" tienne ces propos. 

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Des bénéfices largement supérieurs aux risques

La pollution rend-elle aujourd'hui dangereuse la pratique du vélo dans la capitale ? Pour le savoir, direction le site du ministère de la Santé, qui évoque les risques potentiels du vélo lors des épisodes de pollution. "Des études, en particulier françaises, ont mis en évidence que les bénéfices pour la santé (liés à l’augmentation d’activité physique générée) étaient largement supérieurs aux risques induits", peut-on lire, "et cela même si en pédalant, on peut être plus exposé à la pollution de l’air (selon l’intensité avec laquelle on pédale et via l’augmentation du volume d’air inhalé). Ce constat vaut pour d’autres activités physiques ou sportives telles que le jogging."

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Si rouler à bicyclette ne présente donc pas de risque majeur lors des pics de pollution, à condition de pratiquer "de façon modérée" et sans trop forcer, il en va de même pour les périodes ou les seuils d'alerte ne sont pas dépassé en matière de qualité de l'air. 

Le ministère, sur son site, mentionne des études qui viennent corroborer ces propos. Il renvoie notamment vers une étude réalisée en 2012 par l'Observatoire régional de Santé d'Île de France. Celle-ci, sans détour, dressait un contat très clair : "La synthèse des résultats annuels sur la mortalité évitée ou provoquée par une pratique plus importante du vélo en Île-de-France montre des bénéfices pour la santé très nets, de l’ordre de vingt fois plus élevés que les risques."

L'étude souligne que le développement du vélo dans la capitale ne serait pas seulement positif pour la santé des usagers, mais qu'elle permettrait également de réduire de façon logique la part de la voiture. Un impact doublement intéressant puisque la diminution du trafic motorisé permet de faire baisser la pollution, et donc le risque pour la santé. 

Plus de pollution dans l'habitacle d'une voiture

Contrairement aux idées reçues, le fait de circuler dans un espace clos (l'intérieur d'une voiture par exemple) ne réduit pas l'exposition à la pollution. Au contraire. Le Figaro rappelait d'ailleurs en 2018 que "selon les différentes études menées en France ou à l’étranger, les niveaux de polluants auxquels sont exposés les cyclistes sont près d’un tiers moins élevés que dans l’habitacle d’un véhicule, sur le même parcours".

Le métro non plus n'est pas épargné, puisque le freinage des trains entraîne un dégagement de particules, qui se retrouve alors en suspension dans l'air. Si la pollution varie d'une station à l'autre, certains relevés ont de quoi inquiéter : ils mettent en évidence une présence de particules fines parfois près de 30 fois supérieures à celle observée en surface. 

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