Avec sa marche de ce samedi, Mélenchon joue son statut de premier opposant à Macron

Politique
MANIF - La marche de ce samedi "contre le coup d'état social", organisée par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon à Paris, fait figure de premier test grandeur nature pour le mouvement et son leader. En cas de démonstration de force, il pourrait ainsi définitivement confirmer son statut envié de premier opposant à Emmanuel Macron.

Ce samedi 23 septembre représente un double enjeu pour les opposants à la réforme du code du travail par ordonnances voulue par Emmanuel Macron. Après une baisse d'affluence entre les deux premières journées d'action organisées par les syndicats, les 12 et 21 septembre, c'est au tour de la France insoumise d'organiser un défilé, qui partira à 14 heures de la place de la Bastille, à Paris. 

L'enjeu, pour tous les opposants, c'est qu'il y ait du monde. L'enjeu supplémentaire, pour les insoumis et leur leader Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il y ait plus de monde qu'aux précédentes manifestations. Le candidat qui terminé en quatrième positionne de la présidentielle et sa formation ambitionnent d'incarner l'opposition de gauche à la politique d'Emmanuel Macron, et pourraient se retrouver à incarner l'opposition tout court. Depuis longtemps, l'ex-candidat à la présidentielle a annoncé la couleur : il veut "remplacer" le PS.

Combien de manifestants ?

Parfois accusé de la jouer "solo" dans son propre camp, Jean-Luc Mélenchon pourrait terminer la journée de samedi avec le statut, voulu ou non, d'opposant en chef. À coup sûr, les chiffres de participation à la "marche" des insoumis vont être scrutés. Et l'ambition est de mise. Manuel Bompard, ex-directeur de campagne de M. Mélenchon et organisateur de l'événement, a annoncé dans Le Monde que 100 à 130 cars ont été affrétés, "ce qui est légèrement supérieur à ce qu’il y a eu pour la marche du 18 mars". Cette marche, en pleine campagne présidentielle, avait réuni selon FI 130.000 personnes et a contribué à la dynamique du candidat insoumis.


À titre de comparaison, la CGT a revendiqué 60.000 puis 55.000 manifestants à Paris lors des deux dernières journées d'action, les 12 et 21 septembre (24.000 et 16.000 selon la police). Au niveau national, 223.000 puis 132.000 personnes avaient défilé selon la police, 500.000 puis "plusieurs centaines de milliers", selon la CGT, qui n'a pas donné de chiffre précis sur sa dernière journée.

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Réforme du code du travail : revoir la journée d'action du 21 septembre

Derrière les chiffres, renvoyer une image d'unité

Le leadership à gauche devrait certes se jouer sur une histoire de chiffres, mais aussi sur la capacité de la France insoumise à entraîner les autres forces derrière elle. Benoît Hamon et son mouvement du 1er juillet sera notamment présent lors de la marche de samedi. Les communistes prévoient, eux, d'envoyer une délégation et le NPA un point fixe.


Les relations se sont tendues ces derniers mois entre la FI et ces formations, et l'annonce de cette journée avait été interprétée par certains comme une volonté de s'approprier le mouvement au détriment de la CGT. Dernièrement, les insoumis ont envoyé de nombreux messages d'apaisement et d'unité. Alors qu'Alexis Corbière, député FI, affirme ne pas chercher "à disputer le leadership de la CGT sur le paysage syndical", Manuel Bompard dit vouloir "montrer notre capacité à se mettre au service de tout le monde". Et d'ajouter : "On ne cherche pas à faire des barouds d’honneur. Notre but est de faire reculer le gouvernement".

Le "black-bloc" dans le cortège ?

Ranger les vieilles querelles au placard est l'un des enjeux de la mobilisation de ce samedi. Mais l'une de ces bisbilles risque de faire son retour : celle qui oppose l'extrême-gauche radicale aux mouvements politiques pacifistes comme la France insoumise. Un appel a été lancé sur la page du Mouvement inter-luttes indépendant (Mili), un groupe de manifestants radicaux se réclamant de l'antifascime ou de l'anarchisme, appellant "la jeunesse" à former un "cortège de tête" lors de la manifestation. Ces mêmes cortèges de tête impliqués dans des heurts avec les forces de l'ordre lors du mouvement anti-loi travail.


Ces groupes radicaux de type "black bloc" pourraient-ils se confronter au service d'ordre de la manifestation de ce samedi, voulue "festive" par la France insoumise ? Dans le texte, les militants anarchistes et antifascistes estiment cependant que, si les membres de FI "ne sont pas forcément [leurs] allié-es", ceux-ci "ne sont pas non plus des ennemi-es politiques".

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