Baisse de la part du nucléaire : 2030 ? 2035 ? Edouard Philippe n'est pas un "fétichiste de la date"

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ÉNERGIE - Invité de Mediapart, mercredi 22 novembre au soir, le Premier ministre s’est exprimé sur le report à 2030, voire 2035 de la baisse à 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France. Et relativisé l'importance de la date.

Malgré sa promesse de campagne, Emmanuel Macron avait, par la voix de Nicolas Hulot, finalement rebroussé chemin. Ainsi, la diminution de la part du nucléaire à 50% dans l’électricité française n’aurait pas lieu en 2025 mais entre 2030 et 2035. Interrogé à ce sujet ce mercredi soir dans l'émission "En direct de Mediapart", Edouard Philipe a balayé la question, expliquant ne pas être un "fétichiste de la date". Selon lui, la nouvelle fourchette établie par l’exécutif est un "horizon sain".


L'objectif des 50% "sera atteint à un rythme qui sera crédible, pour garantir la sûreté et la sécurité de la production d'énergie, l'accessibilité à cette énergie et à un coût supportable pour les Français de la transition" énergétique, a-t-il détaillé face aux journalistes du pure-player. 

Et le Premier ministre, ancien collaborateur d'Areva - ce qui lui vaut d'ailleurs d'être critiqué par les opposants au nucléaire - de rappeler l’aspect "redoutablement complexe" de cette diminution. "Il y a quand même toute une série de territoires où le tissu humain, social, industriel, s'est organisé autour de ça (le nucléaire). On peut le regretter ou s'en féliciter, mais c'est comme ça", a-t-il rappelé avant d’évoquer les "difficultés" causées par la double nécessité de diminuer la consommation d'électricité et d’encourager l'essor des énergies renouvelables.


Une problématique doublement adressée par Nicolas Hulot puis Emmanuel Macron ces dernières semaines. Le ministre de la Transition écologique avait ainsi reculé la date de l'échéance, indiquant qu'il ne serait pas possible de le faire sans augmenter le nombre de centrales à charbon. Un argumentaire repris la semaine passée par le Président à Bonn, lors d'un discours à la COP 23, où il avait soigneusement tapé sur les pays se reposant sur les énergies carbonées, au premier rang desquels l'Allemagne et les Etats-Unis, tout en légitimant sa décision de reculer l'abaissement du nucléaire, en dépit des recommandation de certaines associations de scientifiques qui jugeaient l'échéance crédible, pour peu qu'on s'en donne les moyens.

Actuellement, la part du nucléaire dans l’électricité française est comprise entre 75 et 80%, ce qui place la France en tête des pays accros à la fission de l'atome. 

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