Barrage de Sivens : Manuel Valls vole au secours de Bernard Cazeneuve

Barrage de Sivens : Manuel Valls vole au secours de Bernard Cazeneuve

REACTIONS - Les déclarations se sont multipliées dans la classe politique mardi matin. Entre compassion et indignation, metronews fait le point.

Consternation dans les rangs de la classe politique. Mardi matin, deux jours après la mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens, dans le Tarn, un certain nombre d'élus de droite comme de gauche sont sortis de leur réserve.

Dans les rangs du gouvernement, on joue la carte l'apaisement. François Hollande et Manuel Valls ont ainsi pris la parole pour appeler au calme. "Quelles que soient les circonstances, quand un jeune disparaît, la première des attitudes, des réactions, c'est celle de la compassion", a déclaré le Président. Mais "il y a une responsabilité que chacun doit avoir, dans son expression" a-t-il ajouté.

La responsabilité, c'est également ce qu'a défendu Manuel Valls. Devant l'Assemblée nationale, il a choisi de défendre son ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, mis en cause par certains. "Je n'accepte pas les accusations qui ont été portées en dehors de l'hémicycle à l'encontre du ministre de l'Intérieur", a-t-il déclaré devant les parlementaires. Le Premier ministre par ailleurs a déploré les "propos excessifs" de tous bords : "On peut comprendre l'indignation, le questionnement, dans une démocratie, cela est tout à fait normal. Mais il faut faire preuve d'une très grande responsabilité. Les propos publics excessifs ne contribuent pas à l'apaisement", a-t-il encore rappelé.

Bernard Cazeneuve s'est montré lui beaucoup plus virulent. Mardi matin, il n'a pas hésité à dénoncer une "instrumentalisation politique" de l'affaire par les écologistes. "Je vois beaucoup d'accusations alors que des enquêtes judiciaires sont en cours et je trouve cela assez peu responsable et assez peu digne", a-t-il assené. 

Les écologiste très remontés

Ce qui n'a pas manqué de faire réagir les Verts. Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le député Noël Mamère s'est ainsi indigné "des propos scandaleux et indignes du ministre de l'Intérieur, qui voudrait faire croire que nous (les écologistes) serions les complices." "On ne construit pas un barrage sur un cadavre, a-t-il ajouté. 

Un peu plus tôt dans la journée, Cécile Duflot, députée Europe Ecologie - Les Verts de Paris, s'était montrée très agressive vis-à-vis de l'exécutif. Interrogée sur France Info, l'ancienne ministre a évoqué "un scandale absolu" et "une tâche indélébile sur l'action de ce gouvernement". "Depuis 48 heures, aucun membre de ce gouvernement ne s'est exprimé pour présenter ses condoléances, pour dire qu'il regrettait infiniment ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté, avant de demander la création d'une commission d'enquête parlementaire afin de faire la lumière sur l'affaire .

José Bové, eurodéputé écologiste, a pour sa part mis en cause Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, coupable selon lui d'avoir "mis délibérément des gendarmes pour garder une zone dévastée sans aucun engin (de chantier), uniquement pour créer de la tension".

Ce qui amène Denis Baupin, député européen d'Europe Ecologie – Les Verts, à demander que toute la lumière soit faite sur cette affaire : 

Pour François Fillon, la "part de responsabilité" des verts

Dans les rangs de l'UMP, François Fillon s'est montré très critique sur le comportement des Verts, évoquant leur "part de responsabilité". La mort de Rémi Fraisse est "un drame" et "je pense à lui et à sa famille d'abord". "Je ne dis pas que ce sont les Verts qui soutiennent ces extrémistes mais enfin, ils sont ensemble, d'une certaine manière, ils agissent ensemble", a déclaré l'ancien Premier ministre.

A gauche aussi, beaucoup se sont élevés pour déplorer la mort de Rémi Fraisse. Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti socialiste, s'est dit "profondément attristé" et souhaiter "que l'enquête établisse rapidement les circonstances exactes de ce drame". Christiane Taubira, l'ex-ministre de la Justice, a de son côté regretté "une jeune vie arrachée, une promesse brisée".

Mais si la gauche appelle dans son ensemble au calme, une réaction suscite déjà un tollé médiatique. Thierry Carcenac, président PS du Conseil Général du Tarn, a en effet dérapé lundi soir, en pleine conférence de presse, quand il a affirmé que "mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête".

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