Bayrou a eu "honte" de la phrase de Griveaux sur "la France qui fume des clopes et roule au diesel"

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POLÉMIQUE - Invité de "Questions politiques", dimanche 4 novembre sur France Inter, le président du Modem François Bayrou a durement jugé une phrase attribuée à Benjamin Griveaux évoquant les Français qui se plaignaient de la hausse des carburants.

Une caresse d'une main pour mieux adresser une tape de remontrance de l'autre. Ainsi fonctionne François Bayrou, président du principal allié de La République en marche quand il s'agit de commenter l'action du gouvernement. Nouvel exemple, dimanche 4 novembre sur France Inter, au moment où il est invité à commenter les propos attribués à Benjamin Griveaux, la semaine passée dans le Journal du dimanche

En défense de la politique de hausse de la fiscalité sur les carburants, ouvertement critiquée par la droite et son leader Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement avait qualifié le président des Républicains de "candidat de ceux qui fument des clopes et roulent au diesel. Ce n'est pas la France du XXIe siècle". 

Un confidentiel assumé par Benjamin Griveaux que n'a pas apprécié François Bayrou : "Cette phrase m'a fait mal. D'une certaine manière, elle m'a fait honte. Parler de la France, parler du peuple comme des gens qui seraient réduits à fumer ou à rouler au diesel, comme si c'était une infamie - je vous rappelle que c'est l'Etat qui a incité les gens à rouler au diesel.", a-t-il réagi, dimanche 4 novembre sur France Inter.

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Tout en égratignant son porte-parole, François Bayrou a toutefois pris le soin d'épargner Emmanuel Macron, avec qui il s'est réjoui d'avoir une relation "fraternelle" : "J'ai trouvé que cette phrase était le contraire de ce que nous avons voulu bâtir avec le président de la République : rompre avec cette manie de couper la France en 2 entre les gentils chics d'un côté et les désagréables pas chics de l'autre". 

Dans la soirée, Benjamin Griveaux a donné sa version des faits, annonçant avoir informé François Bayrou que "l'indiscret publié dans Le JDD [n'était] en rien conforme à [ses] propos".

Depuis quelques jours, la hausse de la fiscalité écologique qui impacte durement les prix du carburant réveille la colère de nombreux Français, qui ont vu le prix de leur plein augmenter considérablement, parallèlement à la hausse du prix du baril. Le conflit est devenu politique entre, d'un côté, une majorité qui ne cesse de répéter qu'elle "assume" cette hausse au nom d'un impératif environnemental et, de l'autre, une opposition qui, soit dénonce un racket de la part de la majorité, soit critique l'absence d'alternative de transports digne de ce nom pour inciter les Français à délaisser leurs véhicules.

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