Bayrou, Hulot, Griveaux... Avant François de Rugy, 14 membres du gouvernement ont quitté leurs fonctions

Politique
DÉPARTS À LA CHAÎNE - En annonçant son départ du gouvernement ce mardi, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, s'ajoute à une longue liste de démissionnaires et de partants. En tout, ce sont quinze personnes qui ont quitté leurs fonctions depuis un peu plus de deux ans.

Deuxième ministre de la Transition écologique, quatrième ministre d'Etat et quinzième membre du gouvernement. En quittant ses fonctions ce mardi 16 juillet, François de Rugy ajoute son nom à plusieurs listes de personnalités ayant abandonné le navire depuis l'élection d'Emmanuel Macron il y a un peu plus de deux ans. Avant lui, ce sont quatorze autres personnes qui ont vu leur séjour au gouvernement s'écourter. Entre affaires judiciaires, désirs de revenir à des engagements passés, ou ambitions électorales, on fait le point sur la longue liste des démissionnaires sous Edouard Philippe.

Ceux qui n'ont pas tenu cinq semaines

Le 15 mai 2017, le Premier ministre forme son équipe. Le 21 juin, cinq d'entre eux ont déjà été poussés vers la sortie. Richard Ferrand ouvre le bal. Ministre de la Cohésion des territoires, il est éclaboussé par une enquête préliminaire à propos d'un montage immobilier réalisé en 2011. A l'époque, il dirigeait les Mutuelles de Bretagne, une agence à Brest. Cette démission fera en fait office de porte de sortie honorable. Il briguera la présidence du groupe LaREM  à l’Assemblée nationale, à la demande d’Emmanuel Macron, avant de présider l'hémicycle.


Dans les rangs du gouvernement Edouard Philippe 1 qui disparaîtront dès juin on compte aussi la totalité des représentants du MoDem. Ils sont trois. Et tous sont empêtrés dans une affaire d'emplois présumés fictifs du parti centriste au Parlement européen. La première que cette affaire entachera est Sylvie Goulard, ministre des Armées. Les investigations portant notamment sur ses assistants parlementaires, elle estime le 20 juin qu'elle doit être "en mesure de démontrer librement" sa bonne foi. Entendez par là, hors de ses fonctions à l'Hôtel de Brienne. Le lendemain, ce sont François Bayrou, ministre de la Justice et président du Modem et Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, qui en font de même.

Les ministres les plus populaires ne survivent pas à l'été

Alors que le deuxième été de la présidence Macron été est ponctué par la saga Benalla, les tracas reprennent à la rentrée. Et ce dès le 28 août, quand Nicolas Hulot claque la porte. Un départ du ministre de la Transition écologique dont tout le monde se souvient encore. En larme et gorge nouée, il déclare au micro de France Inter qu’il ne veut pas "donner l’illusion que [sa] présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur des enjeux." Une décision qui fait suite à ce qu’il décrit comme une présence de lobby, notamment de la chasse, à l’Elysée. Après le très populaire militant écolo, c’est au tour de la très appréciée triple championne d'escrime d’annoncer son départ. La ministre des Sports, Laura Flessel, justifie cette initiative par des "raisons personnelles", et explique désirer revenir vers des "engagements passés". 


Deux figures connues du gouvernement... avant une troisième. En octobre, c’est au tour de Gérard Collomb de remettre une pièce dans la machine. D’abord refusée par Emmanuel Macron, sa démission est ensuite acceptée, après plusieurs mois de confrontation entre les deux hommes sur fond d’affaire Benalla. Une décision également poussée par le désir de l’ancien ministre de l’Intérieur de revenir dans sa ville, Lyon, où il a été maire pendant seize ans. Collomb, Hulot, Bayrou... Tous les trois étaient ministres d'Etat, comme François de Rugy. Une sorte de malédiction. 

Le remaniement du 16 octobre

Ces exils à la chaîne obligent Edouard Philippe à procéder à un remaniement ministériel. Une occasion pour le Premier ministre de se séparer de quelques mauvais pions. Quatre membres du gouvernement ne seront ainsi pas gardés à la rentrée 2018. Jacques Mézard, qui, après avoir été ministre de l’Agriculture, récupère la Cohésion des territoires, et puis s’en va. S'il n’est pas reconduit dans ses fonctions, il fera un retour quelques mois après au Conseil constitutionnel, grâce à la nomination d'Emmanuel Macron. Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire, ne sera elle non plus pas reconduite. Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, sera également remercié. On lui reproche d'être à la solde des lobbys et d'avoir poussé Nicolas Hulot vers la sortie. 


Quant à François Nyssen, son départ anticipé du ministère de la Culture s'explique par un bon nombre de raisons. Celle qui était à la tête de la maison d'édition Actes Sud est citée dans des affaires de travaux dans son siège à Arles et à Paris. A cela s'ajoutent les nombreuses critiques faites à cette ministre qui ne maîtrise pas sa communication. Deux éléments incompatibles avec sa mission future : celle de porter le projet de réforme de l’audiovisuel public.

Des ambitions électorales

Les trois derniers départs sont, eux, moins chaotiques ou spectaculaires que les précédents. Et essentiellement attribués au désir de se présenter à des élections. Ainsi, en mars dernier, c'est Nathalie Loiseau qui quitte les Affaires européennes pour se consacrer à au scrutin continental. Une campagne lors de laquelle elle portera la liste de la majorité. Ce sont ensuite Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique, qui en feront de même afin de briguer l'investiture LaREM à la mairie de Paris.

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