Bayrou stupide et Copé moche : quand Houellebecq dézingue les politiques

Bayrou stupide et Copé moche : quand Houellebecq dézingue les politiques

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POLEMIQUE - De la fiction politique développée par Michel Houellebecq dans son dernier roman, Soumission, seule l'accession au pouvoir d'un parti islamique a été retenue. Mais au passage, c'est toute la classe politique française actuelle qui en prend pour son grade...

Bayrou "stupide"
Les traits les plus cruels, dans ce roman, sont réservés à François Bayrou. Présenté comme une girouette politique, c'est lui qui deviendra le Premier ministre du président islamiste, après négociations entre la parti "Fraternité musulmane", le centre, le PS et l'UMP. Ce qu'un personnage du roman analyse en ces termes : "Ce qui est extraordinaire chez Bayrou, ce qui le rend irremplaçable, c'est qu'il est parfaitement stupide, son projet politique s'est toujours limité à son propre désir d'accéder par n'importe quel moyen à la 'magistrature suprême' (…) il n'a jamais eu, ni même feint d'avoir la moindre idée personnelle; à ce point, c'est tout de même assez rare."

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Copé toujours là
S'il est bien un homme politique qui devrait dans un premier temps se réjouir à la lecture de Soumission, c'est Jean-François Copé. Et pas seulement parce que Michel Houellebecq y pousse jusqu'à l'absurde sa fameuse anecdote du pain au chocolat, en imaginant qu'un parti islamique prenne le pouvoir en France. Mais plutôt parce que le député-maire de Meaux constatera que, lorsqu’il imagine l'élection présidentielle de 2022, c'est à lui que le romancier pense pour représenter l'UMP (qui n'a d'ailleurs pas changé de nom). Son ego devrait toutefois déchanter quelques pages plus loin, à la lecture de ces lignes : "J'avais même parlé une fois à une fille jeune, jolie, attirante, qui fantasmait sur Jean-François Copé ; il m'avait fallu plusieurs jours pour m'en remettre."

Marine Le Pen "presque belle"
A contrario de Jean-François Copé, la présidente du Front national est décrite comme "presque belle", lors d'une conférence de presse au cours de la présidentielle imaginaire de 2022. Ce qui est nouveau, insiste le narrateur, puisque depuis 2017, "la candidate nationale s'était persuadée que, pour accéder à la magistrature suprême, une femme devait nécessairement ressembler à Angela Merkel". Ce qui lui avait fait "copier la coupe de ses tailleurs".

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Valls hystérique, Hollande oublié, Sarkozy (re)parti
Enfin, l'actuel Président, son Premier ministre et leur principal challenger pour 2017 apparaissent en guest stars dans Soumission. Manuel Valls est brossé en quelques mots à l'occasion d'une intervention : "Très rouge, les veines du front gonflées, il paraissait être au bord du coup de sang". François Hollande, lui, fait office de Président fantôme : "A l’issue de ses deux quinquennats calamiteux, n’ayant dû sa réélection qu’à la stratégie minable consistant à favoriser la montée du Front national, le président sortant avait pratiquement renoncé à s’exprimer, et la plupart des médias semblaient même avoir oublié son existence." Quant à Sarkozy, après son nouvel échec à la présidentielle de 2017, il donne l'impression au narrateur qu'il a "définitivement tiré un trait sur cette période de sa vie". Sans espoir de retour, cette fois.

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