Benjamin Griveaux sur LCI : "Nous ne réduirons pas les aides sociales"

Politique
ENGAGEMENT - Invité d'Audrey Crespo-Mara jeudi 31 mai sur LCI, le porte-parole du gouvernement a répété l'engagement de l'exécutif au maintien du niveau des aides sociales dans le pays

Depuis que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin se sont contredits par médias interposés quant à savoir si trop d'aides sociales étaient proposées dans le pays (Darmanin) ou si la quantité d'argent public consacré à ce poste de dépense était trop élevée (Le Maire), le gouvernement est sous le feu des questions. Son porte-parole Benjamin Griveaux n'y a pas échappé, jeudi 31 mai sur le plateau de LCI. 

"Ce débat a été tranché"

Interrogé quant à savoir si le niveau d'aides sociales allait baisser en France, il a donné raison à Gérald Darmanin, isolant un peu plus Bruno Le Maire sur cette question : "Ce débat a été tranché par la loi de fiances votée à la fin de l'année dernière, a-t-il commencé, faisant valoir les différentes hausses passées et à venir de certaines aides sociales. "Le minimum vieillesse et l'allocation pour les parents isolés ont augmenté le 1er avril. L'allocation adulte handicapé et la prime d'activité vont augmenté à l'automne."


"Il y a les faux débats et les mauvaises caricatures et il y a la loi qui a été votée, a-t-il enchaîné, un peu agacé. [...] Arrêtons de rentrer dans le sujet en se demandant si ça augmente ou si ça diminue ! [...] Je l'ai dit et je l'ai redit : on ne rentre pas sur ce sujet par l'angle budgétaire. Nous ne baisserons pas les aides sociales." Un engagement ferme du porte-parole du gouvernement qui ne manquerait pas de lui être rappelé si jamais le niveau global des aides sociales venait à diminuer d'ici la fin du quinquennat. 

Lutter contre le non-recours... et les trop-perçus

Le porte-parole du gouvernement a toutefois confirmé s'être montré ouvert à une réorganisation et à une réaffectation de certaines de ces aides. "On a en France des mécanismes d'aide sociale qui sont très nombreux. 30% des bénéficiaires du RSA ne le demandent pas [36% en réalité, selon le dernier décompte, effectué par l'Assemblée nationale en septembre 2016, ndlr]. Ils ne sont pas au courant, ou ne savent pas comment faire les démarches, ne savent pas à quelle porte frapper tellement c'est compliqué." Un constat qu'on peut prolonger aux aides au logement, dont le taux de non-recours atteignait même les 77%, selon un rapport publié fin 2017 par le Secours catholique.


S'il faut que "ceux qui ont droit aux aides puissent y avoir accès", Benjamin Griveaux explique aussi, reprenant l'argumentaire d'Edouard Philippe lors du séminaire gouvernementale la veille, que l'exécutif ne s'interdit pas de "s'interroger sur l'efficacité de ces dépenses". Et de prendre l'exemple des nouveaux actifs qui doivent parfois faire à des remboursements de trop-perçus : "Je pense au RSA qui suscite des indus et qui pose des difficultés pour des personnes." Le mois dernier, l'Unédic avait ainsi chiffré à "un milliard d'euros" le trop-perçu pour les allocations chômage.


Benjamin Griveaux conclut ainsi : "La question est de savoir si telle ou telle mesure est efficace. Si unetelle est efficace, et bien on l'augmentera. Mais il faudra aussi avoir le courage de se dire : celle là n'est peut-être pas efficace et il faut revoir le dispositif". Bref : la dépense en matière d'aides sociales ne bougera pas. Mais sa répartition est clairement au coeur des chantiers gouvernementaux.

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