Bercy envisage des suppressions de poste massives dans l'administration fiscale

Politique
RABOT - Sur les 120.000 suppressions de postes dans la fonction publique prévues par le gouvernement au cours du quinquennat, 20.000 seraient concentrées sur l'administration fiscale, selon Les Échos. Un chiffre démenti parle ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

L'administration fiscale sera-t-elle la grande perdante des prochains arbitrages budgétaires ? Alors que le gouvernement s'est engagé à supprimer 120.000 postes dans la fonction publique au cours du quinquennat - dont 50.000 postes au sein de l'État - l'administration fiscale, dont la Direction générale des finances publiques (DGFIP) et celle des Douanes pourraient subir jusqu'à 20.000 suppressions de postes, selon Les Échos.


Un chiffre démenti par le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a affirmé sur Twitter que "Les Échos écrivent n'importe quoi". Le quotidien indique que l'annonce de ces suppressions de postes doit se faire mercredi lors d'une réunion entre le ministre et les responsables des principales directions de son ministère. 

Plus de 38.000 suppressions de postes depuis 2002

"L'an dernier, nous avions estimé que la Direction générale des finances publiques risquait de subir 18.000 à 20.000 suppressions d'emplois. La direction ne nous a jamais démentis", explique Anne Guyot Welke, la secrétaire nationale de Solidaires Finances Publiques, le premier syndicat de la DGFIP. "De notre côté, nous aimerions qu'il n'y ait aucune suppression. Il y en a eu plus de 38.000 depuis 2002 et aucune création d'emploi depuis alors qu'il y a un besoin", poursuit-elle dans Le Figaro.


Ces dernières années, en effet, 60% des départs en retraite n'ont pas été remplacés dans l'administration fiscale, soit 2.000 emplois supprimés par an en moyenne. Début juillet, la CFDT Finances estimait que ce rythme pourrait être porté à 4.000 postes supprimés par an. Selon Les Échos, ce rythme de 4.000 postes supprimés par an devrait être atteint d'ici un an, grâce à un plan de départs volontaires évoqué au printemps par le gouvernement et qui doit être négocié avec les syndicats.

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VIDÉO - Fonction publique : un plan de départs volontaires est-il applicable ?

Si l'ampleur des suppressions de postes au fisc est contestée par le ministère, il ne fait aucun doute que celles-ci auront lieu. Le vice-président du groupe LaREM à l'Assemblée, Gilles Le Gendre, indiquait lui-même ce lundi sur Les Échos qu'il y aura "probablement, même certainement, (...) des suppressions de postes", mais qu'il "faudra attendre mercredi pour avoir les détails".


Ce coup de rabot s'inscrit dans le cadre du "Comité action publique 2022" (CAP22), censé permettre une baisse des dépenses publiques de 4 points de PIB et donc diminuer le déficit public. Jusqu'ici, le rapport du CAP22 et ses préconisations pour faire économiser de l'argent public ont été soigneusement tenus secrets. Plusieurs responsables politiques ont demandé sa publication, et le Premier ministre Edouard Philippe a fini par annoncer le 2 juillet que les propositions du CAP22 seront dévoilées "au fur et à mesure" des réformes.

Numérisation, disparition de la taxe d'habitation et prélèvement à la source pour justifier la baisse d'effectifs

Dans un autre rapport, de la Cour des comptes cette fois, préconisait la suppression de 30.000 postes au sein de l'administration fiscale sur le quinquennat. Une préconisation dénoncée par tous les syndicats qui y voient notamment une "menace" sur un "service public de proximité".


Reste à savoir comment le gouvernement pourrait supprimer autant de postes dans le fisc. Les Échos évoquent diverses raisons qui justifieraient cette baisse d'effectifs, notamment la numérisation, la disparition de la taxe d'habitation ou le prélèvement à la source.

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