Bernard Cazeneuve "s'interroge" au sujet d'un concordat avec l'islam

Bernard Cazeneuve "s'interroge" au sujet d'un concordat avec l'islam

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RELIGIONS - Le ministre de l'Intérieur réfléchirait à l'instauration d'un concordat avec l'islam, sur le modèle de l'Alsace-Moselle, selon Le Canard enchaîné. Une proposition déjà formulée par la droite.

"Tout en gardant mes principes républicains, je m'interroge sur l'usage vis-à-vis de l'islam d'un concordat tel que celui qui est en vigueur en Alsace-Moselle", aurait déclaré Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur (et des Cultes), selon Le Canard Enchaîné daté de ce mercredi 27 juillet. Le but d'une telle réforme serait de permettre à l'Etat d'avoir plus de contrôle sur l'organisation de la religion musulmane, afin de pouvoir surveiller la formation des imams, évincer les prédicateurs les plus radicaux et avoir un œil sur les financements, en particulier ceux venus de l'étranger.

Mais un tel concordat irait de fait à l'encontre de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui indique dans son article 2 : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte."  Un récent rapport du Sénat préconisait, à l'opposé de l'interrogation de Bernard Cazeneuve, que l'Etat cesse de se mêler de l'organisation de l'islam en France.

L'exemple de l'Alsace-Moselle

Pour le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle, un concordat s'applique depuis 1802. Et, lorsque la loi de 1905 fut adoptée, l'Alsace et la Moselle étaient territoires allemands. Ce concordat reconnaît quatre cultes : catholique, luthérien, réformé et israélite. Ainsi, prêtres, laïcs en mission, pasteurs et rabbins sont rémunérés par l'Etat. Les évêques de Strasbourg et de Metz sont nommés par le chef de l'Etat, même si, en réalité, il suit les propositions du Vatican. De plus, un enseignement religieux est prodigué dans les écoles et universités publiques.

Cette proposition de concordat avec l'islam reste, pour l'instant, de l'ordre de l'interrogation. Mais, à droite, plusieurs responsables politiques l'ont déjà formulée. Jean-François Copé, dans son livre paru en janvier 2016, prônait un concordat notamment pour "éloigner des influences extérieures" de l'islam en France. De même, Gérald Darmanin ou  Benoist Apparu déclaraient il y a quelques semaines vouloir s'inspirer de Napoléon pour éviter une guerre.

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