Bientôt un deuxième jour férié travaillé gratuitement pour financer la dépendance ?

Bientôt un deuxième jour férié travaillé gratuitement pour financer la dépendance ?
Politique

SOLIDARITÉ - L’actualité politique du jeudi 12 avril a été marquée par l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1 et LCI, et les annonces d’Agnès Buzyn sur le financement de la dépendance sont passées quelque peu inaperçues. Pourtant, la ministre de la Santé a laissé entendre que les Français pourraient travailler un deuxième jour férié gratuitement, à l’instar du lundi de Pentecôte. Explications.

Bientôt un jour férié de moins pour les Français ? Jeudi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré qu'"on pourrait imaginer avoir deux lundis de Pentecôte travaillés" pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes, avant d'ajouter qu’elle n’avait "pas envie de donner (son) opinion" sur cette option. "Je souhaiterais qu’il y ait un débat sociétal, avec notamment les élus", a poursuivi la ministre sur RMC et BFMTV, affirmant qu’elle entendait "proposer une solution d’ici la fin de l’année".

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Pour trouver de nouveaux financements devant l'augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes, la ministre de la Santé a également évoqué d’autres hypothèses de travail. "Les pistes, ce sont évidemment les assurances privées. Il y a aujourd'hui des gens qui ont envie de vendre ce type de modèle", a indiqué Agnès Buzyn, se disant néanmoins "pas trop favorable au modèle assurantiel". 

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Elle a aussi suggéré "des pistes via l'Ondam", c'est-à-dire les dépenses d'assurance maladie, qui consisteraient à "mélanger la partie dépendance et la partie soins dans une seule enveloppe", au lieu des "enveloppes séparées" financées respectivement par les départements et la Sécurité sociale.

Un gain de 2,37 milliards d'euros pour l'Etat en 2017

Actuellement pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes, les Français font don d'un jour de travail - généralement le lundi de Pentecôte, même si les formules varient - à l'Etat. Certains ne voient pas de différence sur leur fiche de paye et ne sont pas impactés par cette mesure mise en place par Jean-Pierre Raffarin après la canicule de 2003, car leur entreprise les rémunère quand même. Mais c'est alors cette dernière qui fait l'effort de reverser le fruit de cette journée travaillée à l'Etat, correspondant à 0,3 % de sa masse salariale. 

Selon les prévisions de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la journée de solidarité devrait rapporter 2,37 milliards d’euros à l’Etat pour l’année 2017. Or, en 2014, les dépenses totales liées à la dépendance étaient de 30 milliards d’euros. Celles-ci pourraient augmenter fortement dans les prochaines années.

En 2017, la CNSA prévoyait que l'argent soit réparti ainsi : 946,6 millions d'euros ont été distribués au bénéfice des personnes handicapées (615,3 millions pour la prestation de compensation du handicap et le fonctionnement des maisons départementales des personnes handicapées ; et 331,3 millions d'euros aux établissements et services médico-sociaux). 1,420 milliard d'euros a été distribué aux personnes âgées (473,3 millions d'euros pour l'allocation personnalisée d'autonomie et 946,6 millions d'euros aux établissements et services médico-sociaux).

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