Boues rouges : Valls recadre Royal sèchement

Politique

Vendredi dans Thalassa, Ségolène Royal imputait à Manuel Valls la décision d’autoriser l’usine Alteo à poursuivre ses rejets polluants en Méditerranée. Muet ce week-end, le Premier ministre a recadré sa ministre ce lundi en appelant notamment "à la maîtrise de l’expression sur ces sujets".

Après les prises de position de sa ministre de l’Environnement, le Premier ministre Manuel Valls devait réagir. Depuis plusieurs jours, Ségolène Royal ne cesse d’imputer au chef du gouvernement la décision d’autoriser jusqu’en 2022 le rejet des déchets industriels de l’usine Alteo, chargés en arsenic et en fer, dans les calanques de Marseille. Les attaques de la ministre ont débuté vendredi soir dans Thalassa, et se sont poursuivies ce lundi matin dans le Parisien/Aujourd’hui en France et sur Europe 1. 

Le Premier ministre a réagi lundi matin dans un communiqué. "Sur cette question, le gouvernement a toujours agi avec une même ligne de conduite : assurer la protection de l’environnement et la santé de nos concitoyens, tout en préservant l’emploi industriel dans une région qui en a besoin" commence le communiqué. "C’est pourquoi, fin 2015, le préfet des Bouches-du-Rhône a autorisé, pour six années, le nouveau procédé d’émission de rejets industriels de l’usine. Cette autorisation a été accordée à l’issue d’un programme d’investissement engagé par l’entreprise pour un montant de 30 millions d’euros qui a permis de diminuer massivement la teneur des rejets. Il ne s’agit plus de ‘boues rouges’ chargées en polluants comme par le passé, mais d’eaux largement dépolluées." Bref, le Premier ministre assume donc sa décision.

"Je défends une écologie efficace au service de la santé et de l'emploi"- Manuel Valls

Manuel Valls rappelle également que cette décision a été "le fruit du processus de travail interministériel, à laquelle la ministre de l’Environnement et le ministre de l’Economie ont été étroitement associés". Le chef du gouvernement rappelle à la fin de son communiqué qu’il "défend une écologie efficace au service de la santé et de l’emploi". Avant d’en appeler "à la maîtrise de l’expression sur ces sujets".

L’usine Alteo a rejeté pendant 50 ans des boues rouges toxiques en plein cœur des calanques et a dû modifier ses procédés de production d’alumine à partir de bauxite pour ne plus rejeter qu’un liquide filtré. Mais ses opposants continuent de dénoncer ces effluents comme très polluants. En juin, la préfecture des Bouches-du-Rhône a rendu public des dépassements de seuils d’éléments toxiques et mis en demeure Alteo de corriger le tir sous deux mois.

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