Braquage à Saint-Ouen : Christiane Taubira répond à la polémique

Politique

POLEMIQUE - Mise en cause par la droite et des syndicats de police suite à la fusillade en Seine-Saint-Denis dans laquelle un policier a été grièvement blessé par un braqueur en cavale et fiché, Christiane Taubira a réagi mardi. Elle envisage de mieux encadrer les sorties de détenus.

Une possible modification de loi et des escortes systématiques pour certains détenus en permission. Sous le feu des critiques de la droite et des syndicats de police après la fusillade dans laquelle un policier a été grièvement blessé par un braqueur en cavale lundi, la garde des Sceaux a répliqué.

"Les interrogations sont légitimes et j'ai commandé, dès hier, un rapport précis sur ce qui s'est passé à propos de la recherche de ce détenu depuis qu'il n'a pas réintégré la détention", a-t-elle déclaré dans un premier temps par voie de communiqué mardi matin, n'excluant pas de modifier "la législation applicable aux sorties des détenus". Car la polémique avait rapidement enflé sur le cas d'un des braqueurs tué, qui avait fait feu sur les forces de l'ordre au terme d'une course-poursuite en Seine-Saint-Denis. Ce jeune homme de 24 ans, condamné pour des vols à main armée, n'était pas rentré à la prison de Réau d'une permission accordée en mai pour effectuer des formalités administratives après le décès de son père. Peu après, une fiche S (sûreté de l’État) avait été émise par la DGSI.

Pas de polémique indue

Devant l'Assemblée nationale mardi après-midi, Christiane Taubira a précisé son propos : "J'ai commandé un examen précis des textes de loi sur les sorties de prisonniers pour savoir s'il y a lieu de les modifier de façon à permettre par exemple d'imposer systématiquement une escorte pour certains détenus, y compris pour ces motifs de maladie grave ou de formalité administrative suite à un décès". Après les syndicats de police, qui avaient pointé du doigt les "défaillances de la réponse pénale", la droite et l'extrême droite s'étaient engouffrées dans la controverse, Nicolas Dupont-Aignan, entre autres, demandant la démission de Christiane Taubira et Marine Le Pen réclamant un vote "en urgence de l'interdiction de tout aménagement de peine (...) aux individus fichés S en période Vigipirate".

Si la ministre de la Justice a dit comprendre "l'angoisse" et les inquiétudes des policiers, elle a refusé de verser dans une "polémique indue" puisqu'il n'était question ici d'aménagement de peine. Et de rappeler que les permissions de sortie sont régies par des textes remontant à 2004. "Nous étudions la possibilité de les améliorer", a-t-elle répété. Selon la Chancellerie, le malfaiteur était détenu depuis le 27 septembre 2011 et sa fin de peine était fixée au 3 janvier 2018.

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