Brice Hortefeux sur Emmanuel Macron : "Ce qui était la fraicheur en 2017 est de plus en plus perçu comme de l’amateurisme"

Brice Hortefeux sur Emmanuel Macron : "Ce qui était la fraicheur en 2017 est de plus en plus perçu comme de l’amateurisme"

INTERVIEW POLITIQUE - Brice Hortefeux était l’invité politique de LCI ce mercredi 17 mars. L’eurodéputé LR a critiqué "l’amateurisme" d’Emmanuel Macron et en a profité pour défendre Nicolas Sarkozy, de nouveau attendu au tribunal cet après-midi dans l’affaire Bygmalion.

"La politique menée par ce gouvernement aboutit à ce que nous soyons systématiquement en retard." Sur LCI, Brice Hortefeux est revenu ce mardi 17 mars sur la gestion de la crise sanitaire menée par l’exécutif. Le député européen LR n’a pas manqué de tacler "l’amateurisme" d’Emmanuel Macron, faisant le bilan un an jour pour jour après le premier confinement en France :"Ce qui était la fraicheur en 2017 est de plus en plus perçu comme de l’amateurisme" déclare-t-il. "Ce n’était pas le candidat que j’avais soutenu au premier tour, mais il y avait un sentiment de fraicheur, de nouveauté. À l’arrivée, on voit que l’on tâtonne et que l’on fait moins bien que nos principaux partenaires. En pourcentage, on a moins de vaccinés qu’en Allemagne, qu’en Italie." 

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Pour illustrer ces retards, l’élu a évoqué le cas des masques, puis des tests de dépistage et enfin des vaccins, ces derniers arrivant peu à peu, selon les quotas européens définis pour chacun des pays-membres. 

"Sarkozy et ses proches n'ont aucun intérêt dans cette entreprise"

Lors de cet entretien, Brice Hortefeux a pris la défense de Nicolas Sarkozy, condamné en première instance à trois ans de prison - dont un an ferme - pour "trafic d’influence" et "corruption" et de retour au tribunal ce mardi après-midi dans une autre affaire : celle de Bygmalion. Le député est d’ailleurs revenu sur cette dénomination dans le but de laver son allié politique de tout soupçon : "Cette affaire est présentée partout comme l’affaire Bygmalion. Ce que je peux dire, c’est que Nicolas Sarkozy et ses proches n’ont aucun intérêt dans cette entreprise". 

Avec 13 autres prévenus, l’ancien président doit comparaitre dès ce mardi - le procès doit être renvoyé puisque l’un des avocats a contracté sévèrement le Covid-19 - pour des dépassements de ses frais de campagne en 2012. Selon l'accusation, Nicolas Sarkozy a laissé filé les dépenses malgré plusieurs alertes claires sur les risques de dépassement de plafond et a "incontestablement" bénéficié de la fraude, qui lui a permis de disposer de "moyens bien supérieurs" à ce qu'autorisait la loi : au moins 42,8 millions au total, soit près du double du plafond légal fixé à l'époque à 22,5 millions d'euros. Cette affaire a pris le nom de la société chargée de gérer la campagne du candidat président à l’époque.

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"Le compte de campagne de Nicolas Sarkozy a été examiné par la commission qui est responsable de ça, qui a constaté un dépassement" mais minime, a avancé Brice Hortefeux, assurant ensuite qu’avec l’organisation du "Sarkothon" permettant à l’UMP de faire peau neuve après la défaite de 2012 et le non-remboursement d’une partie des frais de campagne, "Nicolas Sarkozy est le seul candidat qui n’a pas coûté un sou au contribuable puisqu’il n’a pas bénéficié du remboursement de l’État". Ce qui n’est pas vrai : avec cette cagnotte lancée à l’intention des militants de l’UMP qui a permis de récolter 11 millions d’euros, les donateurs ont pu ainsi bénéficier d’une réduction fiscale, comme l'a fait remarquer Jean-Michel Aphatie.

Puis, les frais de campagne de Nicolas Sarkozy, s’ils ont été jugés illégaux, n’ont pas été rejetés en totalité. En effet, la loi prévoit que les candidats ayant obtenu plus de 5% des voix au premier tour se voient rembourser des frais de propagandes par l’État. Soit plus de 5 millions d’euros dans le cas présent. Brice Hortefeux a conclu cette séquence en se disant persuadé que la décision de Nicolas Sarkozy d’interjeter appel lui sera favorable : "Dans notre système de droit, les cours d’appel sont là pour rectifier les erreurs de première instance. Nicolas Sarkozy a fait appel : les compteurs sont remis à zéro, il est présumé innocent et la vérité de l’innocence sera rectifiée". 

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