Bridgestone : "Cinq mois pour trouver une alternative à la fermeture"

Bridgestone : "Cinq mois pour trouver une alternative à la fermeture"
Politique

LE GRAND JURY - Quatre jours après l'annonce par Bridgestone de la fermeture de l'usine de Béthune, Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l'Industrie, a indiqué ce dimanche sur LCI qu'un accord de méthode avait été signé. Il donne un sursis de 5 mois aux salariés, le temps de trouver une éventuelle autre solution.

Tenter coûte que coûte de sauver l'usine de pneumatiques de Béthune (Pas-de-Calais) vouée par le manufacturier japonais à la fermeture à l'horizon 2021, telle est la mission que se sont donnés le gouvernement et les élus locaux après cette décision qui a eu l'effet d'un couperet. Alors qu'Elisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher se rendront lundi sur place pour une réunion de travail notamment avec les syndicats, la ministre déléguée à l'industrie était l'invitée ce dimanche du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. 

Elle est revenue longuement sur ce dossier brûlant regrettant que la direction n'ait pas ouvert la discussion en amont de cette annonce brutale : "Ce qui est inadmissible sur le sujet de Bridgestone, c'est qu'on savait que l'usine était en perte de vitesse et que nous invitions la direction de Bridgestone à la table des négociations pour justement regarder comment on pouvait redonner de la productivité et de la compétitivité à ce site", a expliqué la ministre.

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Cinq mois de négociation

"Je pense aux 863 salariés qui sont rentrés mercredi soir chez eux, et qui ont annoncé à leur famille que l'usine allait fermer et qu'ils allaient perdre leur job. C'est pour ça que nous avons mis très fortement la pression avec l'ensemble des élus locaux pour faire bouger le dossier", a-t-elle poursuivi.

Agnès Pannier-Runacher a annoncé qu'un accord de méthode avait été signé vendredi par les représentants du personnel et par la direction qui donne cinq mois à la discussion et qui rouvre des scénarios alternatifs à la fermeture de l'usine. "Ce qui veut dire que la direction est en train de s'engager dans un processus de négociation, et cela n'était pas acquis car le scénario principal posé sur la table, c'était la fermeture", a-t-elle rappelé, ajoutant que "cinq mois, ça rend les choses possibles. Et nous allons venir en appui des salariés pour rendre cette discussion la plus professionnelle et efficace possible".

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Différents scénarios

Agnès Pannier-Runacher s'est félicité de cet accord qui laisse entrevoir différents scénarios, entre redonner un avenir à l'usine, et permettre aux salariés un autre chemin professionnel, avec des reclassements. "La prochaine échéance, c'est pour demain, après-demain et les jours suivants. Ce type de dossiers, on les gagne en travaillant chaque jour, et en faisant avancer les sujets. L'annonce a été faite mercredi, vendredi on a un accord de méthode, demain lundi nous serons sur le terrain avec Elisabeth Borne pour voir tout le monde (élus locaux, direction locale et européenne). Nous voulons aussi parler des sujets de sous-traitance et des enjeux pour l'emploi local, pour pouvoir avancer main dans la main avec les élus", a annoncé la ministre déléguée à l'industrie, insistant sur le fait que "le dialogue social est essentiel et doit être fondé sur la confiance, car c'est comme ça que vous trouvez les meilleures solutions".

Quant à savoir si l'Etat allait rentrer au capital de Bridgestone, la ministre a souligné que ce n'était pas d'actualité. "Une fausse solution qui ne résout rien", a-t-elle avancé rappelant que "le coeur du sujet c'est d'avoir un projet qui tienne la route avec en face des emplois".

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