Budget 2022 : "Le Sénat ne votera pas le budget", lâche Gérard Larcher

Elizabeth Martichoux poursuit son aventure à LCI et conserve les commandes de l'Interview Politique de 8H30. Avec son long format, Elizabeth Martichoux recevra, du lundi au vendredi, un invité au coeur des enjeux de la présidentielle, politique ou membre de la société civile.

INTERVIEW - Le budget 2022 doit être voté le 7 décembre, mais les débats risquent d'être écourtés. Invité sur le plateau de LCI face à Elizabeth Martichoux ce mardi matin, le président du Sénat, Gérard Larcher, assure que la chambre haute ne votera pas le texte de loi.

Après l'Assemblée nationale, le Sénat, majoritairement à droite, s'est lancé dans l'examen en première lecture du budget du quinquennat Macron dont le vote final est prévu mi-décembre. Un exercice délicat et qui pourrait, cette année, vite tourner court. Invité sur le plateau de LCI ce mardi 23 novembre au matin face à Élizabeth Martichoux, le président du Sénat, Gérard Larcher, assure que l'hémicycle ne votera pas la première partie du texte, condition pour accepter l'ensemble du projet de loi.

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Depuis la rentrée, Emmanuel Macron multiplie les annonces pour les jeunes, la ville de Marseille, le Beauvau de la Sécurité ou encore le plan France 2030, évalué à 34 milliards d'euros. De quoi fâcher l'élu des Républicains. "Nous sommes sur un budget de campagne électorale, un budget qui est inquiétant pour l'avenir, estime le président de la chambre haute. Nous allons devoir emprunter 260 milliards d'euros pour l'année 2022. Il y a un vrai problème de responsabilité."

Car en tout, résume Gérard Larcher, "il y a 300 milliards de recettes pour l'État et 450 milliards de dépenses, ce qui donne un article d'équilibre de 155 milliards de déficit budgétaire. Il est clair que nous ne voterons pas un budget qui a un tel déséquilibre."

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Même si le déficit est en baisse après une année 2020 record - atteignant une dette publique de 9,2% du PIB, le taux le plus élevé depuis 1949 -, le patron des sénateurs ne veut plus d'annonces "non financées". "Nous ne sommes plus dans la même situation. Nous avions accepté une situation exceptionnelle liée au pic de la pandémie, au chômage partiel, à la pandémie et la trésorerie des entreprises, rappelle-t-il. Aujourd'hui, il faut réduire une partie de la dépense publique. Nous sommes à près de 56% du PIB quand les autres pays, sortant de la crise, font 10 points de moins. Vous croyez qu'on va pouvoir continuer comme ça ? À un moment, il faut être sérieux !"

"Nous tirons des chèques sur l'avenir"

Selon le scénario qui se dessine, le Sénat ne validerait donc pas, ce mardi, "l'article d'équilibre" des comptes publics après l'examen de la première partie du projet de loi (les recettes). Ce qui couperait court aux échanges : le projet de loi serait automatiquement renvoyé à l'Assemblée nationale, avant de revenir au Sénat.

"Le but, c'est d'attirer l'attention des citoyens sur nos dépenses publiques, sur la situation financière et budgétaire. Nous tirons des chèques sur l'avenir, sur les générations futures et à un moment où un autre, il faudra bien rembourser ses dettes", fustige Gérard Larcher.

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