Bygmalion : l'entourage de Sarkozy crie au complot, une technique de défense éculée

Politique
SELF-DEFENSE - Affaire Tapie, affaire Karachi, écoutes téléphoniques, sondages de l’Elysée, affaire Bettencourt, affaire Bygmalion…. A chaque fois que Nicolas Sarkozy a été inquiété par la justice, il s’est défendu, avec l’aide de ses fidèles compagnons, en se posant en victime de manœuvres et complots politiques. Une technique éculée, et pourtant encore utilisée ces derniers jours par son entourage.

Lundi, après l'annonce des réquisitions du parquet de Paris demandant le renvoi en procès de l'ancien président dans l'affaire Bygmalion, son avocat Thierry Herzog a dénoncé "une nouvelle manoeuvre politique grossière". D'autres responsables Les Républicains et proches de Nicolas Sarkozy lui ont emboîté le pas. Laurent Wauquiez a par exemple indiqué dans un communiqué que "les réquisitions ressemblent à une énième manoeuvre politico-judiciaire", et que "personne n'est dupe du calendrier qui est choisi, à quelques jours du lancement officiel de la primaire de la droite et du centre".



VIDEO. Affaire Bygmalion : l'avocat de Nicolas Sarkozy dénonce un "acharnement"

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Affaire Bygmalion : l'avocat de Nicolas Sarkozy dénonce un "acharnement"

Le Parti socialiste a répliqué, s'indignant d'une "posture de défense qui n’honore pas ceux qui l’emploient et dessert la République". "Nicolas Sarkozy ne semble décidément ni avoir changé ni avoir l’intention de le faire, et à sa suite ses fidèles, continuant de rejeter le discrédit sur l’institution judiciaire et ceux qui la servent comme ils l’ont fait tout au long de son quinquennat" écrit le parti dans un communiqué.

Il est vrai que pour Nicolas Sarkozy et son entourage, cette technique de victimisation est vieille comme le monde. Déjà par le passé dans l’affaire Bygmalion, l’ancien chef de l’Etat avait crié au complot, dénonçant "l’instrumentalisation politique d’une partie de la justice".  

"Je demande le droit à une justice impartiale et sereine"Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et ses proches avaient déjà crié à la cabale dans l'affaire Bettencourt. Le 25 mars 2013, mis en examen pour abus de faiblesse dans ce dossier, l’ancien chef de l’Etat avait publié un message sur sa page Facebook dans lequel il évoquait une mise en examen "injuste et infondée". "Je vais consacrer toute mon énergie à démontrer ma probité et mon honnêteté. La vérité finira par triompher. Je n’en doute pas. Il va de soi que je ne réclame aucun traitement particulier si ce n’est celui de tout citoyen d’avoir le droit à une justice impartiale et sereine" avait écrit l'ancien locataire de l'Elysée.

Quand ce n'est pas lui qui met en avant l'injustice qui lui tombe dessus, il peut compter sur sa garde rapprochée. En octobre 2014, après l’ouverture d’une nouvelle enquête judiciaire liée à la campagne présidentielle de 2012, Brice Hortefeux avait déclaré : "Jamais dans notre Histoire, un homme public n’a été autant ciblé et visé". Alors que Nicolas Sarkozy briguait la présidence de l'UMP, Eric Woerth allait dans le même sens : "Il va y avoir de plus en plus de meetings, ça veut dire que les moyens mis en œuvre pour essayer de l’abattre seront de plus en plus lourds…"

La même technique à chaque nouvelle affaire

Le 2 juillet 2014, pour l’annonce de sa mise en examen pour corruption active, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel, Nicolas Sarkozy avait dénoncé sur TF1 et Europe 1 "l’instrumentalisation politique d’une partie de la justice aujourd’hui" et la volonté de certains de "donner une image de (lui) qui n’est pas conforme à la réalité".



VIDEO. EXCLU. Sarkozy dénonce "l’instrumentalisation politique d’une partie de la justice"

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EXCLU. Sarkozy dénonce "l’instrumentalisation politique d’une partie de la justice"

Enfin, quand il le peut, Nicolas Sarkozy s’en prend directement aux juges. Il avait ainsi mis en cause Claire Thépaut, l'une des deux juges en charge du dossier des écoutes, pour son appartenance au Syndicat de la magistrature. En novembre 2013 il avait déclaré à propos du juge de l'affaire Karachi : "Pendant deux ans, on m’a poursuivi pour l’affaire Clearstream. Tiens, c’était Van Ruymbeke aussi ! C’était le même alors. C’est curieux, non ?"

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