Bygmalion : psychodrame à France Télévisions sur la diffusion d'une enquête d'"Envoyé Spécial"

Politique

POLÉMIQUE - Alors que l'affaire Bygmalion refait la une de l'actualité, le "Canard Enchaîné" paru mercredi accuse le directeur de l'info de France Télévisions, Michel Field, d'avoir cédé à des pressions de l'ancien chef de l'Etat pour ne pas diffuser un reportage sur cette affaire. Ce dernier dément fermement.

L'affaire Bygmalion n'en finit pas de faire des vagues. Cette fois, c'est le directeur de l'information de France Télévisions, Michel Field, qui est sur la sellette. Selon le Canard Enchaîné de mercredi, ce dernier aurait cédé à des pressions de Nicolas Sarkozy pour reporter la diffusion d'une enquête d'"Envoyé Spécial", qu'Elise Lucet avait programmée pour fin septembre. Une enquête plutôt croustillante, selon l'hebdomadaire, comprenant une interview exclusive de Franck Attal, l'ex-patron de la filiale Event & Cie, qui organisait les meetings de Sarkozy en 2012.

La réponse du patron de l'info ne s'est pas fait attendre : "Je démens formellement toute intervention de Nicolas Sarkozy", a-t-il déclaré à l'AFP. 

Pourtant le Canard Enchaîné persiste et signe. Nicolas Sarkozy, qui aurait eu vent du tournage au courant de l’été, aurait remis en question sa participation à la première édition de "L’Emission politique", de David Pujadas et Léa Salamé, qui démarre le 15 septembre sur France 2, si le sujet était programmé avant la primaire de la droite, c’est-à-dire d’ici à fin novembre. 

Diffuser un sujet au moment où la primaire des Républicains bat son plein fait courir le risque d'instrumentaliser France Télévisions- Michel Field

 "En juin, j'ai donné mon feu vert sur ce sujet sur Bygmalion", a affirmé le directeur de l'info à l'AFP. "Puis fin juin-début juillet j'ai dit à l'équipe que le sujet devait être prêt début septembre ou début décembre, car diffuser un sujet au moment où la primaire des Républicains bat son plein fait courir le risque d'instrumentaliser France Télévisions. Il n'était pas encore question de la venue de Nicolas Sarkozy dans l''Emission politique'", s'est défendu Michel Field.

Du point de vue des syndicats, l'excuse n'est pas recevable : "Nous ne comprenons pas cet argument de ne pas diffuser le sujet pour ne pas fausser la primaire", a réagi le délégué SNJ Serge Cimino, qui évoque lui aussi des pressions de Nicolas Sarkozy, rapportées par des sources internes. "C'est un bras de fer entre Elise Lucet, nommée pour son indépendance, face à un directeur de l'info qui semble avoir oublié les principes du journalisme". 

Résultat de ce bras-de-fer entre la patronne d'"Envoyé Spécial" et le directeur de l'information, seul un extrait de l'interview de Franck Attal sera diffusé jeudi pendant le 20 heures de France 2.

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