"Ça va aller mieux, après cinq ans de solitude sonore" : les huit députés FN ont fait leur entrée à l'Assemblée

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TOUS ENSEMBLE - Rentrée des classes, épisode III. Ce mercredi matin, c’était au tour des huit députés du Front national de faire leurs premiers pas à l’Assemblée nationale. Assaillis par les caméras à leur arrivée, ils se sont ensuite fait discrets. Les seuls à s’être aventurés auprès des journalistes ont répété leur envie de peser dans les futurs débats et de se faire remarquer par leur travail.

Marine Le Pen faisant son entrée à l’Assemblée nationale : l’image était attendue, en témoignait l’impressionnante meute de caméras présente sur place pour immortaliser l’instant. La présidente du Front national avait choisi pour l’occasion de se faire accompagner des sept autres députés élus sous les couleurs du FN et du Rassemblement bleu Marine : José Evrard, Bruno Bilde, Ludovic Pajot, Sébastien Chenu, Emmanuelle Ménard, Louis Aliot et Gilbert Collard.

La présidente du Front national a dit avoir une "émotion particulière de faire (son) entrée avec (ses) camarades" et une "pensée" pour les frontistes qui n’ont pas été élus, alors que le parti espérait obtenir des dizaines de députés plutôt que huit. Toutefois, ils sont quatre fois plus nombreux qu’en 2012, où seuls Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen avaient été élus. "Les représentants du peuple entrent à l’Assemblée plus nombreux qu’ils ne l’étaient" a ainsi déclaré Marine Le Pen. "C’est évidemment un motif de satisfaction." Gilbert Collard, député du Gard, est lui heureux de trouver plus de camarades avec qui siéger. Lorsque nous lui avons demandé s’il allait se sentir moins seul que durant le dernier quinquennat sur les bancs de l’Assemblée, il nous a répondu enthousiaste : "Oui, ça va aller mieux, après cinq ans de solitude sonore terrible."

C’est très administratif, c’est la rentrée des classesLouis Aliot

Une fois leur entrée effectuée, un peu avant 11 heures, les huit députés ont eu le droit à une visite des lieux, se sont vus remettre leur mallette de député, ont fait des photos officielles, et surtout, ont dû passer du temps à remplir des papiers administratifs. "Lorsqu’on arrive à l’Assemblée, on a surtout à s’occuper de formalités administratives" a d’ailleurs déclaré Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault. "C’est très administratif, c’est la rentrée des classes. Vous savez, on va de bureaux en bureaux, on visite", nous a confié Louis Aliot, député des Pyrénées-Orientales, ne laissant que peu paraître sa joie d’être là. 

Lorsqu’on le relance pour lui demander si ça ne lui fait vraiment rien d’être présent à l’Assemblée nationale en tant que député, le vice-président du FN nous a tout de même avoué que "si, bien sûr. C’est la première fois que je viens ici, c’est quelque chose qui compte dans une vie politique." Sébastien Chenu, que nous avons croisé dans la salle des pas-perdus, nous a confié qu’il était habité par "un sentiment d’humilité et de responsabilité". Mais il était lui aussi assez peu impressionné par les lieux. "J’ai travaillé ici, donc je connais bien l’endroit" nous a-t-il dit pour se justifier.

Les députés FN prêts à incarner l'opposition

Les rares députés qui se sont aventurés auprès des journalistes ont tout de suite parlé travail. Le message est clair : il va falloir compter sur eux pour incarner l’opposition à l’Assemblée nationale. "Nous sommes dans la position de députés d’opposition, nous allons devoir travailler. Nous serons une force particulière d’opposition. Nous ne sommes pas nombreux mais des millions de Français ont voté pour nous, nous devons les représenter" nous a dit Sébastien Chenu. Le député du Nord place parmi ses priorités l’opposition à la loi travail. "Nous nous ferons entendre sur la loi travail, nous ne laisserons pas le gouvernement la détricoter" nous a-t-il affirmé. Louis Aliot a lui aussi "hâte de se mettre au travail" et a déjà réfléchit à la première proposition de loi qu’il souhaite formuler, "pour la défense de la mémoire et de restauration des harkis".


Pour se faire entendre, les huit députés FN devront réussir à constituer un groupe à l’Assemblée (il faut pour cela être au minimum quinze). "On y travaille", nous a confirmé Gilbert Collard. Avec qui ? "On remarque actuellement un processus de glissement de terrain qui fait que beaucoup de Républicains cherchent un endroit où se réfugier." "J’ai beaucoup plus de respect pour un Républicain qui reste Républicain que pour un Républicain qui fait le trottoir pour aller chez Macron" a-t-il ajouté. Sébastien Chenu s’est, lui, montré plus prudent : "Pour le groupe, nous verrons, nous allons d’abord prendre notre temps pour nous faire connaître, petit à petit. Faisons-nous d’abord remarquer par la qualité de notre travail."

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