Campagne de vaccination : Castex demande que "cessent les polémiques stériles"

Campagne de vaccination : Castex demande que "cessent les polémiques stériles"

COLÈRE - Agacé des critiques émises par l'opposition sur la lenteur de la campagne de vaccination, le Premier ministre a appelé ce jeudi à la fin des "polémiques stériles qui n'apportent rien" et souhaite faire de ce "défi" un "succès collectif".

Il en appelle à la "sérénité". Après avoir confirmé que les lieux culturels, les stations de ski et les bars et restaurants ne rouvriraient pas avant plusieurs semaines, le Premier ministre a poussé un petit coup de gueule à l'issue du point presse hebdomadaire consacré au Covid-19. "Je demande que cessent les polémiques stériles qui n’apportent rien sinon que d’inquiéter inutilement nos concitoyens", a-t-il déclaré, en référence aux critiques qui pleuvent sur le gouvernement depuis le lancement de la campagne de vaccination, jugée trop lente.

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"On ne peut pas, alors que le match vient de commencer et qu’il durera plusieurs mois, prétendre dès les premières minutes, que dis-je, dès les premières secondes, qu’il est déjà perdu ! On va y arriver calmement ... mais sûrement", a ajouté le chef du gouvernement, qui réfute qu'un démarrage lent ne permettrait pas d'arriver aux résultats escomptés. Il a notamment jugé indispensable de prendre le temps de recueillir le consentement de tous, et de convaincre les plus réticents à la vaccination.

"Montrons que nous sommes une nation solidaire, une nation généreuse. J’en appelle, une nouvelle fois, à notre sens des responsabilités, individuelles et collective", a-t-il poursuivi. "Il s’agit d’un défi humain et logistique considérable et inédit qui nécessite patience et détermination. Je ne doute pas de notre succès collectif", a-t-il conclu, insistant sur la nécessité selon lui de ne plus se diviser sur le sujet.

Depuis le lancement de la campagne le 27 décembre, le gouvernement est critiqué pour sa lenteur. En une dizaine de jours, 45.000 personnes ont été vaccinées en France, contre des centaines de milliers chez certains de nos voisins européens. Ce chiffre est resté bloqué à 500 jusqu'au 3 janvier.

Les élus locaux, les plus sévères

Ce sont les élus locaux qui ont été les plus durs vis-à-vis du gouvernement, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand estimant qu'Emmanuel Macron avait commis "une faute gravissime" dans sa politique de vaccination ; et son homologue du Grand est Jean Rottner (LR) y voyant un "scandale d'État". La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo fulmine également en coulisses en attendant le go du gouvernement pour mettre en place des "vaccinodromes" dans la capitale.

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Cette impression de flottement et de départ raté a été renforcée par le chef de l'Etat lui-même, qui en privé s'est dit agacé des "freins à l'efficacité" de la politique vaccinale. Même Alain Fischer, le "Monsieur vaccin" du gouvernement, a suscité la consternation en revendiquant ne pas être "du tout un spécialiste" de "la logistique", pourtant au cœur du problème.

Mardi, lors d'un déplacement à Toulon, Jean Castex avait déjà dénoncé des "polémiques stériles" qui "n'ont jamais sauvé aucune vie". Le chef du gouvernement est conscient que les critiques les plus virulentes viennent d'adversaires politiques déjà en campagne pour les élections régionales et départementales du printemps prochain, voire pour la présidentielle de 2022.

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