Campagne présidentielle d'Emmanuel Macron : Benjamin Griveaux dément tout "cadeau"

Politique
DÉMENTI - Après les révélations de plusieurs médias sur de possibles "combines" mises en place par l’équipe d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, Benjamin Griveaux a défendu, tout au long de la journée, des comptes de campagne irréprochables.

Médiapart a dégainé le premier. Dans une récente enquête, le site d'informations dévoile qu'En Marche ! aurait bénéficié, durant la campagne présidentielle, de "cadeaux" de la part de GL Events, une société d'événementiel dont le patron - Olivier Ginon - n'est autre que l'ami de l'actuel ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. En clair, on reproche à GL Events d'avoir accordé d'énormes rabais sur l'organisation de meetings.

Quelques jours plus tard, L'Obs et Le Monde viennent mettre un peu plus d'huile sur le feu. Tous deux ajoutent que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a demandé des explications à l'équipe du candidat concernant des "gestes commerciaux", des dons et des dépenses "apparemment personnelles" du futur président pour une valeur totale de 208.984 euros. Les comptes ne seraient donc pas si limpides.

Une question de saison ?

Face à la gronde, le porte-parole du gouvernement a fait le service après-vente ce jeudi dans les médias. "Il est très bien que les journalistes fassent des enquêtes, mais il y a quelque chose qui s’appelle la Commission nationale des comptes de campagne qui a validé les comptes de campagne d’Emmanuel Macron", a-t-il tancé sur LCI, mettant en avant que ces comptes étaient "les moins réformés" - autrement dit, ceux qui ont subi le moins de corrections de la part de ladite Commission.


"C’est 120.000 euros sur un peu moins de 16.5 millions de dépenses" a-t-il lâché avant de se comparer à l'opposition - très critique depuis ses révélations : "Pour mémoire Jean-Luc Mélenchon a plus de 450.000 euros de réformation, Marine Le Pen c’est plus de 850.000 euros donc nous avons fait un exercice de sincérité". 

Quand vous réservez une salle au mois de juillet, vous n’êtes pas exactement dans la saison haute des prixBenjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement

Benjamin Griveaux s'est surtout attardé sur le cas "GL Events". Les enquêtes des différents médias révèlent que la location de la Mutualité le 12 juillet 2016 n'a coûté à Emmanuel Macron "que" 39.863 euros. Bien moins en tout cas que le prix demandé quelques temps plus tard au candidat Benoit Hamon ou encore à François Fillon : 36% de moins pour être exact. Pour l'expliquer, le porte-parole du gouvernement a tout simplement évoqué une "saisonnalité dans les locations". 


"C’est très simple, quand vous réservez une salle au mois de juillet 2016, vous n’êtes pas exactement dans la saison haute des prix", a-t-il avancé. "C’est évidemment plus cher de la louer 15 jours avant le premier tout de l’élection présidentielle." Un argument déjà avancé par le directeur de la Mutualité en octobre dernier, quand la CNCCFP elle-même avait tiqué sur les différences de prix.


Le marcheur ne répond pas cependant aux multiples autres exemples, survenus à des dates bien plus proches de l'élection. Comme le rabais de 40% accordé par l'Usine en Seine-Saint-Denis en mars 2017, ou encore la remise de 50% sur la location de barrières gracieusement accordée par la société Jaulin lors du meeting du 1er mai au Paris Event Center. Des "pratiques commerciales habituelles" selon GL Events.

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