"On est en train de se jalouser entre nous des miettes" : dans ONPC, l’appel d'Olivier Besancenot pour soutenir les cheminots fait le buzz

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INSPIRÉ – Invité sur le plateau de l'émission "On n’est pas Couché" samedi sur France 2, l’ancien leader du NPA a appelé les Français à "prendre de la hauteur" et à "ne pas se jalouser pour des miettes."

Il a parlé pendant presque trois minutes. Sans être coupé. Ce qui, en soi, est presque, une performance, tant les animateurs du plateau de l'émission "On n’est pas couché" ont pour habitude de couper la parole facilement. Autant dire qu’Olivier Besancenot les a soufflé. Samedi soir, l’ancien candidat du NPA à la présidentielle, s’est livré à un vibrant plaidoyer pour les cheminots, qui prévoient une journée d’action le 22 mars et dont le statut est mis en cause par le gouvernement. 


Alors que Laurent Ruquier le titillait sur le fait que "avec les retards et les dysfonctionnements, les usagers vont en plus se taper les grèves, pas sûrs qu’ils soutiennent le mouvement", Olivier Besancenot a, à l’inverse, appelé à surtout ne pas se laisser happer par le "poison de la division". Une tirade qui a été largement reprise sur les réseaux sociaux, et saluée. 

On est tous le cheminot de quelqu’un"Olivier Besancenot, dans ONPC

"C’est pour ça que j’ai répondu à votre invitation", a-t-il commencé. "Parce que c’est vrai que c’est galère quand on est coincé dans un mouvement de grève, ok. Mais parfois il faut prendre un peu de hauteur, et réfléchir à ce qui nous attend pour la suite. En fait, c’est le poison de la division, ce poison qui fait qu’on monte les Français entre eux, ça marche, mais mortel ! Et moi je voudrais dire ça : ne tombez pas dans le poison de la division. Parce qu’on est tous le cheminot de quelqu’un d’autre à ce jeu-là."

Il est peut-être un peu temps de redresser la tête, par orgueil"Olivier Besancenot

Il détaille : "Si en tant que travailleur, salarié, chômeur, retraité, tu commences à penser qu’un autre salarié, parce qu’il a un acquis social est un privilégié, n’oublie jamais qu’en retour, tu vas avoir le même discours qui va te concerner dans pas longtemps." Insistant : "Alors ouais, on peut se dire ça. 'Moi je ne vais pas bouger un petit doigt pour les cheminots parce que je n'ai rien à voir avec leur statut. Je ne vais pas bouger pour les enseignants parce qu'ils ont trop de vacances. Je ne vais pas bouger pour les chômeurs parce qu'il y a des abus. Les étudiants ils pourraient faire un petit effort avec les 5 euros d'APL'. Le jour où vous allez être attaqué par une mesure, ne venez pas pleurer si vous êtes tout seul."


"Le comble du comble", poursuit-il, "c'est qu'on vit dans un monde où ceux qui gagnent avec 150.000 euros par mois en exploitant les autres arrivent à convaincre ceux qui vivent avec 1.500 que la cause de leur problème sont ceux qui vivent avec 2000 ou avec 500. (...) On est en train de se jalouser entre nous des miettes. Je pense qu’en haut ils doivent être hilares quand ils nous regardent. Il est peut-être un peu temps de redresser la tête, par orgueil, qu’on gagne ou pas cette bataille, elle mérite d’être menée."


La tirade a été remarquée, sur les réseaux sociaux, et largement saluée.

Les cheminots protestent contre une réforme de la SNCF annoncée par le ministère des Transports. Le plan annoncé par le Premier ministre Édouard Philippe prévoit notamment la fin du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés, la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics et la possibilité de mener la réforme par ordonnances.

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