Ce qu’il faut retenir de l'entretien d'Emmanuel Macron à Valeurs Actuelles

Ce qu’il faut retenir de l'entretien d'Emmanuel Macron à Valeurs Actuelles
Politique

IMMIGRATION - Dans une discussion fleuve publiée jeudi dans l'hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles, Emmanuel Macron détaille ses vues sur les questions migratoires et sur la crise identitaire qui traverse le pays. "Je ne veux pas tomber dans le piège communautarisme = islam", indique le chef de l’Etat. Voici ce qu’il faut retenir de cet échange.

C'est une rencontre en haute altitude qui s’étale sur 12 pages. Le 25 octobre dernier, dans l’avion qui le ramenait d’un voyage à Mayotte, Emmanuel Macron a accordé un long entretien à Valeurs Actuelles, centré sur les questions d’immigration, particulièrement récurrentes dans les pages de l'hebdomadaire conservateur, tenant d'une ligne très ferme sur le sujet. Un choix discuté aujourd’hui - sur LCI, Alexis Corbière (LFI) a souligné la tentation de séduire "un électorat de gens de droite, qui a souvent tendance (...) à élever la température verbale contre l’islam voire plus" -, mais que l'exécutif indique assumer. "Le Président souhaite parler à tous les Français sans ostracisme, s'adresser à un lectorat dont il sait qu'il ne partage pas sa philosophie républicaine sur certains sujets", nous fait savoir l’Elysée.

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"Sécession"

Sur le fond, le chef de l’Etat insiste sur la nécessité de mieux lutter contre l'immigration illégale, se félicitant d’avoir raccourci les délais d'instruction des dossiers du droit d'asile ou promettant de s’attaquer aux abus de l'Aide médicale d'Etat (AME). Pour autant, le résident de l’Elysée s’érige contre "un discours simplificateur sur l'immigration" et appelle à dépasser les "fantasmes" sur ce sujet brûlant.

Pour lui, les fractures qui divisent le pays reposent d’abord sur l’échec de "la fabrication de l’intégration par le modèle économique". "C'est l'échec de notre modèle se conjuguant avec la crise que vit l’islam" qui "conduit à des formes très dures d'islam politique", analyse-t-il. "Ce qu’il faut faire, et d’abord pour les gens qui sont là depuis longtemps, c’est réussir à les intégrer", affirme Emmanuel Macron, s'inquiétant d'une forme de "sécession" dans le pays, tout en se départissant du "racisme anti-blanc", dialectique "mortifère" souvent brandie par la droite et l’extrême droite.

"Je lutte de toutes mes forces contre le communautarisme"

Face à cette tentation du repli, le chef de l’Etat fait de l’éducation "une priorité", parlant même de "la carte Jean-Michel Blanquer". "Les radicaux laissent leurs enfants dans l’école de la République quand elle enseigne bien le calcul, éduque, enseigne des valeurs", estime le président de la République, qui certifie lutter de "toutes (s)es forces contre le communautarisme". Pour autant, "je ne veux pas tomber dans le piège communautarisme = islam", assène Emmanuel Macron. "Le communautarisme, c’est le projet politique."

Plusieurs fois au cours de cet échange revient la question du voile islamique. Faisant référence à "la polémique Julien Odoul", Emmanuel Macron estime que le problème n'est pas "la maman qui porte un voile et qui accompagne son enfant en sortie scolaire". "Celle-là n'est pas perdue : elle a mis son enfant à l'école publique et elle vient faire une sortie scolaire. C'est même par elle qu'on va reconquérir les personnes égarées", défend-il, considérant même que c'est une "énorme erreur" de l’avoir “humiliée".

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Quant à sa propre discrétion sur le sujet - interrogé sur la polémique, Emmanuel Macron avait répondu que “le port du voile dans l’espace public n’était pas (s)on affaire” - le président de la République assume : “On a été pendant quinze jours l'otage de deux périls qu'il faut éviter: le communautarisme et le Rassemblement national, voilà pourquoi je n'ai pas voulu rentrer là-dedans".

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