Ce qu'on peut déjà vous dire sur la présidentielle 2017

Ce qu'on peut déjà vous dire sur la présidentielle 2017

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POLITIQUE - FN triomphant, écologistes et gauche radicale effondrés. Les élections régionales des 6 et 13 décembre ont offert des résultats contrastés. Et permettent d'ores et déjà de dresser quelques prédictions pour 2017.

Les régionales passées, l’heure est désormais à la présidentielle. Et, déjà, des enseignements peuvent être tirés du dernier scrutin. Et en vue de 2017, une étape est cruciale : celle des 500 signatures. Ces parrainages sont indispensables pour permettre à tout Français d’au moins 23 ans d’être candidat à l'élection.

En 2012, ils étaient nombreux à ne pas parvenir à réunir ces précieux sésames : Christine Boutin, Jean-Pierre Chevènement, Corinne Lepage, mais aussi Dominique de Villepin ou Hervé Morin s'étaient arrêtés net dans leur conquête vers le sommet de l’Etat faute de soutiens nécessaires. Et la prochaine élection présidentielle pourrait bien elle aussi faire quelques malheureux. Et pas n’importe lesquels : les écologistes et la gauche radicale, à la suite des scores catastrophiques aux régionales. A l'inverse, l'échéance, toujours inquiétante pour le FN, ne devrait pas poser de problème, cette fois.

EN SAVOIR + >> Tous les résultats des élections régionales

Les écolos en difficulté 
Dimanche 13 décembre, au soir du second tour des régionales, le couperet tombe. Europe Ecologie-Les Verts n’obtient que 66 conseillers régionaux, contre 265 en 2010. C’est la douche froide. Et, face à une configuration politique nouvelle, laissant place à une droite renforcée, la course aux 500 signatures pourrait signer la fin de l’aventure présidentielle des écologistes, débutée en 1974 avec le pionnier René Dumont. Suivront ensuite Brice Lalonde (1981), Antoine Waetchter (1988), Dominique Voynet (1995 et 2007), Noël Mamère (2002) et Eva Joly (2012). Affaiblis, les "Verts" ont désormais deux options : présenter malgré tout un candidat, ou se rallier à une candidature plus large – celle de François Hollande – pour tenter de rester présents sur une scène politique qui semble leur indiquer la porte de sortie et dans une opinion publique qui ne semble pas penser différemment (voir encadré). A cet égard, les 500 signatures seront déterminantes. Car un échec pourrait révéler que l’effritement du parti n’a pas lieu que dans les urnes, mais aussi chez les élus de terrains.

"Humilié", Mélenchon va galérer
L’inquiétude sévit aussi à la gauche de la gauche. De 5,84 % des voix en 2010 à 4% des voix aux régionales 2015, le Front de Gauche fait grise mine et perd environ deux tiers de ses 130 élus régionaux. En août dernier, Jean-Luc Mélenchon était pourtant au firmament de l’optimisme : “Aujourd’hui, je reste persuadé que nous pouvons arriver à la tête du pays et qu’il ne s’agit pas d’une marche si gigantesque que cela” avait-il déclaré lors d’un entretien aux Inrockuptibles .

En 2012, le candidat avait réuni plus de 1100 signatures d’élus, avant de faire 11,10 % des voix. Jean-Luc Mélenchon, qui s’est dit "humilié" par la débâcle, pourrait rencontrer des difficultés dans la chasse aux signatures. D'autant qu'il ne peut pas faire une confiance aveugle au Parti communiste, toujours prompt à faire des alliances électorales avec le Parti socialiste.

Le FN sera tranquille
Un parti pourrait lui, pour la première fois, ne pas avoir à se soucier de l’étape des 500 signatures : le Front national. Car le parti d’extrême droite vient de tripler le nombre de ses conseillers régionaux. Ils sont désormais 358. Un "score" auquel il faut ajouter les 62 conseillers départementaux, 14 maires, quatre parlementaires, et 24 députés européens. Soit au total, 462 élus. On est loin de l'élection de 1981, année lors de laquelle Jean-Marie Le Pen, n’avait pas pu se présenter, faute de parrainages suffisants... Le landernau politique devrait donc échapper, en 2017, à la traditionnelle complainte du Front national rejeté par le système politco-médiatique lorsqu'il éprouve des difficultés à faire parrainer sa campagne présidentielle.

En France, 47.000 élus peuvent potentiellement accorder leur signature à un seul et unique candidat. Il s’agit des 36.000 maires de France, mais également les députés et sénateurs, conseillers régionaux et départementaux, députés européens. La course contre la montre dure un mois, selon des dates fixées par le Conseil Constitutionnel, qui valide les signatures avant de les publier. Une échéance qui lance officiellement la campagne présidentielle.  

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