Cécile Duflot dévoile sa lettre de "rupture" envoyée à François Hollande

Cécile Duflot dévoile sa lettre de "rupture" envoyée à François Hollande

COLÈRE - Cécile Duflot, ministre du Logement en 2013, avait écrit une lettre au président de la République pour manifester son désaccord sur la question des Roms. Un contenu dévoilé mercredi 5 octobre dans "l'Obs".

François Hollande aurait-il menti ? Dans le livre "Conversations privées avec le président", sorti à la mi-août aux éditions Albin Michel, le président déclarait que la lettre envoyée par sa ministre du Logement Cécile Duflot, en 2013, était un courrier d’excuses de la part de la ministre. En réalité, le contenu dévoilé mercredi 5 octobre dans l’Obs est tout autre.

C'est en fait une lettre de colère, d'alerte, que l'ancienne ministre a envoyée au chef de l'Etat le 29 septembre 2013. Une lettre dans laquelle l’écologiste s'insurge contre les propos de son ministre de l'Intérieur d'alors, Manuel Valls qu’elle qualifie sur l’Obs de "moment de rupture totale", selon ses propres mots. 

Valls accusé de jouer le même jeu que Sarkozy

À l'origine du courrier : la question Roms. Cinq jours avant son envoi, Manuel Valls explique sur France Inter que les Roms n'ont pas vocation à s'intégrer en France. Cécile Duflot monte au créneau et accuse publiquement Manuel Valls d'aller "au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain". François Hollande, lui, n’est pas de cet avis. Au contraire, le chef de l’État soutient en off la sortie de son ministre de l'Intérieur. Elle lui demande de s’exprimer alors publiquement, mais il n’en fera rien. Pour elle, c'est la transgression de trop. 

Elle prend donc la plume d’un seul jet, dévoilant son profond malaise de voir un gouvernement de gauche valider des thèses du Front national. Elle accuse : "Croire un instant qu’en embrayant sur les thèmes du Front national, cela le ferait reculer est une illusion – Sarkozy en a fait la démonstration – et une faute parce que cela permet à ses idées de percoler plus profondément dans la société. Lorsque c’est d’un gouvernement de gauche que vient une parole qui accrédite une action basée sur la discrimination, on lance un processus dont personne ne peut imaginer l’issue, mais dont la seule crainte que celle-ci soit funeste disqualifie définitivement cette tentation."

La réconciliation n’aura jamais lieu

La candidate à la primaire de l'écologie va par ailleurs jusqu'à alerter François Hollande des conséquences sur sa présence au gouvernement si cette politique venait à perdurer. Et de conclure : "Tu ne peux pas exiger de moi l’obéissance à une ligne qui s’imprimerait, sans jamais avoir été discutée, et qui est en opposition avec le cœur de mes – nos? – convictions." Six mois plus tard, Valls est nommé à Matignon et Duflot quitte le gouvernement. Son parti entre alors dans l’opposition de gauche. Hollande et Duflot ne se reverront qu’à l’été 2015, chez elle, dans le 11e arrondissement de Paris.

"Il insiste beaucoup pour me voir, mais je ne veux pas aller à l’Elysée. C’est pour ça qu’il est venu chez moi. Il cherchait un scénario de sortie dans lequel les écolos pourraient revenir dans la majorité après le désastre des cantonales. Je plaide pour de meilleures conditions politiques que celles qui nous avaient amenés à s’allier avec le PS en 2011, puisque cet accord n’a pas été respecté. On s’est vus une deuxième fois, il s’inquiétait notamment des risques de non-fusion des listes à gauche lors des régionales à venir." Hollande ne changera ni de politique, ni de Premier ministre. La réconciliation n’aura jamais lieu. 

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