Centrafrique : intervention française, stop ou encore ?

Centrafrique : intervention française, stop ou encore ?

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AFRIQUE - Députés et sénateurs doivent se prononcer ce mardi sur la poursuite de l'intervention militaire en Centrafrique. Alors que la situation s'enlise sur le terrain, les débats promettent d'être animés, notamment sur la stratégie suivie et le coût de l'opération.

L'intervention "éclair" joue les prolongations. Le Parlement doit se prononcer ce mardi sur la poursuite de l'opération Sangaris, en Centrafrique, où 2000 soldats français sont déployés depuis début décembre. La Constitution rend en effet obligatoire ce vote pour tout engagement extérieur de plus de quatre mois. Une durée qui prouve, alors que François Hollande avait promis une opération "rapide", que les choses ne se passent pas comme prévu.

A droite, les critiques fusent. "Rien n'a été réglé, le pays est toujours à feu et à sang", a estimé ce mardi l'ancien ministre UMP Eric Woerth sur i>Télé, même s'il reconnaît que l'intervention française a permis d'éviter un "bain de sang". Plus virulent, le député UMP Pierre Lellouche s'est dit "tenté de voter contre" la prolongation : "Hollande est parti dans cette guerre-là sans préparer.(...) Nos soldats sont dans une situation impossible", estime l'ancien ministre, qui voit "monter une haine anti-France, des deux côtés, qui est problématique".

Tensions religieuses persistantes

Le vote final, attendu en fin de journée, ne fait pourtant guère de doute : il semble impossible que le Parlement s'oppose à la poursuite de l'engagement. Pour le député Jean-Paul Bacquet (PS), de retour de Bangui, il serait "totalement irresponsable de voter le retrait". "On ne peut pas faire autrement, évidemment qu'il faut prolonger le mandat des militaires", a reconnu le député-maire de Chantilly Eric Woerth.

Mais les débats promettent d'être animés sur la conduite des opérations et leur résultat. Plus de trois mois après le début de Sangaris, le niveau de violence a certes baissé dans la capitale, Bangui. Mais les tensions religieuses persistantes ont provoqué le déplacement de près de 20 % de la population, selon l'ONG Médecins sans frontières . Des dizaines de milliers de musulmans, notamment, ont fui vers le nord du pays. Parallèlement, la criminalité liée à des groupes armés explose.

"Contexte budgétaire difficile"

"Ça sera plus long que prévu" , avait dû reconnaître le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 15 février. La nouvelle présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, souhaite d'ailleurs un maintien jusqu'à début 2015. L'intervention devrait se poursuivre, "jusqu'à ce que l'opération de maintien de paix (de l'ONU) prenne le relais", selon le commandant de Sangaris, le général Francesco Soriano. Un relais qui, selon les spécialistes, ne devrait pas survenir avant l'été.

D'où une autre polémique sur le montant de la facture, que la France est actuellement seule à supporter. Une critique notamment soulevée par Bruno Le Maire (UMP), qui votera contre la poursuite de l'engagement : "Dans un contexte budgétaire difficile, nous devons évaluer avec le plus grand soin chacune de nos opérations", a estimé l'ancien ministre de l'Agriculture dans Le Monde . Plus que jamais, le gouvernement devra donner des gages de sa capacité à mobiliser ses partenaires européens et l'ONU, afin de ne plus jouer les gendarmes solitaires en Afrique.

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