Ces maires français réclament la reconnaissance internationale d'un Haut-Karabakh arménien

Ces maires français réclament la reconnaissance internationale d'un Haut-Karabakh arménien

INTERNATIONAL - Alors que l'Azerbaïdjan reprend le contrôle du Haut-Karabakh, une quinzaine de maires français réclament la reconnaissance internationale de ce territoire peuplé d'Arméniens. "Il est incompréhensible que nos autorités nationales ne réagissent pas", estime auprès de LCI, Nicolas Daragon l'édile de Valence (Drôme), à l'initiative de l'appel.

Ils réclament la reconnaissance internationale d'un Haut-Karabakh arménien. À l'initiative du maire LR de Valence (Drôme) Nicolas Daragon, l'objectif de cet appel est de garantir la paix et la sécurité des habitants de la région, où ces élus français craignent que se produise un nettoyage ethnique. Il est signé par la présidente du Conseil départemental de la Drôme Marie-Pierre Mouton, la maire de Décines (Rhône) Laurence Fautra,  de Romans-sur-Isère (Drôme) Marie-Hélène Thoraval, le maire de Vienne (Isère) Thierry Kovacs, de Compiègne (Oise) Philippe Marini ou encore des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) Michel Amiel. 

Dans son communiqué, Nicolas Daragon estime que la France, parce qu'elle entretient "une relation d’amitié millénaire avec l’Arménie", doit sortir de sa neutralité et faire valoir sa "responsabilité historique et universelle au regard du génocide dont son peuple a été victime en 1915". Auprès de LCI, il explique ce qui l'a motivé à lancer cette initiative. 

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LCI : Pour quelles raisons demandez-vous la reconnaissance internationale du Haut-Karabakh ? 

Nicolas Daragon : Historiquement, le Haut-Karabakh c'est la 10e province d'Arménie. Des Arméniens y sont installés depuis des siècles, ils sont aujourd'hui 150.000 à y habiter. Et la France a des liens multiséculaires avec l'Arménie. Le pays siège à l'Organisation internationale de la francophonie, le dernier congrès a d'ailleurs eu lieu à Erevan. Nous avons des liens extrêmement forts avec ce peuple, la diaspora arménienne est particulièrement présente chez nous, voilà pourquoi il est dans notre devoir et de notre intérêt de nous mêler de ces sujets.

En quoi cela pourrait avoir un impact sur la situation au Haut-Karabakh ?

Avec la quinzaine de maires signataires, nous estimons que la seule solution pour que ce territoire soit délivré de l’emprise de l’Azerbaïdjan, c’est que son indépendance soit reconnue au niveau international. Nous sommes surpris de l’inaction du gouvernement sur le sujet car, derrière l’Azerbaïdjan, nous savons qu’il y a Erdogan, qui a récemment appelé au boycott de la France, qui a facilité l’arrivée de mercenaires jihadistes des territoires syriens venus livrer combat au Haut-Karabakh.

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Avant l'exode, les habitants du Haut-Karabakh brûlent leur maison

Emmanuel Macron a une position trop neutre"- Nicolas Daragon

Votre appel est donc d'abord à destination du président de la République Emmanuel Macron et du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ?

Oui, nous pensons qu’Emmanuel Macron a une position trop neutre. Le ministre des Affaires étrangères a dit à l’Assemblée nationale que la France se devait de garder une forme de neutralité car elle fait partie du groupe de Minsk en charge de la négociation des conditions de paix du territoire. Sauf que l'existence de ce groupe de plus de 20 ans a mené à un échec caractérisé par 44 jours de combats et 5000 morts. Il est incompréhensible que nos autorités nationales ne réagissent pas. En octobre 2018 j’étais à Erevan au sommet de la francophonie avec le couple Macron. Nous ne sommes pas sur un sujet qui doit nous laisser indifférent, dans un pays où nous n'allons jamais, avec lequel nous n’avons pas de relations.

Valence compte une importante diaspora arménienne. Est-ce pour cette raison que vous prenez le sujet à cœur ? 

Non, l'appel que je lance est transpartisan. Nous ont rejoint des maires de communes où vivent très peu d’Arméniens, comme Privas (Ardèche). Mais nous voulons soutenir la communauté arménienne, qui s'est fortement mobilisée ces dernières semaines pour aider médicalement et militairement la population du Haut-Karabakh. Je me suis rendu moi-même deux fois à Stepanakert (plus grande ville du Haut-Karabakh, ndlr) avec laquelle Valence a une charte d’amitié. J'y ai vu un pays paisible, où régnait la démocratie, et non les images catastrophiques qui circulent ces derniers jours. 

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