Ce que le téléphone "perdu" d'Alexandre Benalla a révélé

Politique

NOUVELLES RÉVÉLATIONS - Les enquêteurs ont retrouvé la trace du portable personnel de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, qui assurait pourtant l'avoir "perdu". Ils y ont découvert des échanges avec des responsables de l'Elysée jusque là inconnus des juges. Des messages plutôt embarrassants.

Lors de sa première garde à vue le 21 juillet 2018, Alexandre Benalla assurait au sujet de son portable personnel : " Je l'ai perdu (...) Je ne l'ai plus (...) Je ne souhaite pas donner d'éléments sur ce téléphone". Mais selon des informations révélées lundi par Le Monde, les enquêteurs ont eu raison de ne pas croire à cette déclaration : ils ont finalement pu retrouver la trace du cellulaire. 

C'est un message adressé à Alexis Kholer, le secrétaire général de l'Élysée, qui a permis aux enquêteurs de remonter le fil du téléphone : “Monsieur le Président, hier après-midi j’ai été invité par la préfecture de police à observer de l’intérieur la manifestation du 1er-Mai, j’ai donc été équipé d’un casque et intégré à une équipe de policiers en civil et accompagné par un major de police. En fin d’après-midi nous nous sommes retrouvés place de la Contrescarpe, où la situation a plus que dégénéré, je ne me suis alors pas cantonné à mon rôle d’observateur (…) La scène assez violente a été filmée et même si on ne m’identifie pas très nettement je suis reconnaissable. Cette vidéo tourne actuellement sur les réseaux sociaux. Alexandre.”

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Ces lignes, explique Le Monde, Alexandre Benalla a dit les avoir adressées à Emmanuel Macron via Telegram quelques heures après l'épisode de la Contrescarpe, avant de les transférer à Alexis Kholer. Ce dernier, discrètement interrogé par l'Inspection générale de la police (IGNP), a remis le message aux enquêteurs, ainsi, donc, que le numéro de téléphone de l'expéditeur. Il s'agit du fameux "06" personnel d'Alexandre Benalla correspondant au portable "perdu".

Des mots de soutiens rapidement supprimés

Une fois la trace du cellulaire retrouvée, les enquêteurs ont pu mettre la main sur plusieurs messages, jusque là inconnus, grâce aux réquisitions des juges adressées à l'opérateur téléphonique. Ils ont ainsi constaté, toujours selon les révélations du Monde, que dès le lendemain de sa première garde à vue, le 22 juillet 2018, Alexandre Benalla avait échangé avec le chef de cabinet de Brigitte Macron, Pierre-Olivier Costa.

Tous des cons Alexandre, sois zen et fort- Jean-Luc Minet, commandant militaire en second de la présidence de la République

Des messages de soutien ont également été découverts, rapporte le quotidien  : "Tous des cons  Alexandre sois zen et fort, c'est le patron qui décide et à 30.000 kilomètres (Emmanuel Macron était en déplacement officiel en Australie) il ne décide rien te concernant", écrivait Jean-Luc Minet, le commandant militaire en second de la présidence de la République, au lendemain des incidents du 1er mai. Le chargé de mission a répondu "Merci pour ton soutien", avant de supprimer les messages.

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L'enquête révèle également un échange avec le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey, peu de temps avant le premier article du Monde qui lancera l'affaire le 18 juillet 2018 :  "Bonjour Richard, je tiens à t’informer qu’un article va sortir dans Le Monde sur le 1er-Mai. Amitiés. Alexandre". Réponse : "Comme quoi les journalistes sont bien informés par nos amis… Amitié. Richard". Des messages également supprimés.

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