"Chienlit" à Air France : Hollande et Valls répliquent à Sarkozy

Politique
COUP D'ECLAT - Mardi matin, Nicolas Sarkozy a enfilé les habits du général de Gaulle pour attaquer le gouvernement et dénoncer la "chienlit généralisée", symbolisée par les violences survenues la veille du côté d'Air France. Une formule, hautement politique, dénoncée à l'Assemblée nationale par Manuel Valls, puis, plus tard par François Hollande en personne.

Et revoilà le général de Gaulle. Dix jours après la sortie polémique de Nadine Morano sur "la France pays de race blanche" - empruntée, selon elle, à l'homme de l'Appel du 18-Juin - c'est au tour de Nicolas Sarkozy, dans un tout autre registre, de piocher dans le registre de son illustre prédécesseur à l'Elysée. Mardi matin, lors d'une réunion avec les parlementaires Les Républicains, l'ancien président de la République a dénoncé une "chienlit généralisée" dans le pays. Comprendre, dans sa bouche, l'incapacité du gouvernement à endiguer différents mouvements de grogne (médecins, policiers, agriculteurs), sans compter, depuis lundi, la crise ouverte à Air France et les images de chemises déchirées qui ont fait le tour du monde.

Valls et Hollande se rebiffent

Convoquer le général de Gaulle en pareille occasion n'est évidemment pas anodin. Sa fameuse expression - "Les réformes oui, la chienlit, non" - "le grand Charles" l'avait en effet prononcée - selon son Premier ministre de l'époque, Georges Pompidou - au moment des événements événements de Mai-68. Signe, pour Nicolas Sarkozy, de l'ampleur de la crise sociale qui traverse le pays, lui qui, dans sa diatribe, n"oublie pas de s'en prendre aux syndicats. "Nous ne sommes pas en 1793. Nous ne pouvons pas accepter que deux dirigeants soient au bord de se faire lyncher par des hommes en tenue de syndicaliste, avec des syndicats qui ont pignon sur rue et qui ont tous appelé à voter pour François Hollande en 2012", a-t-il ainsi lancé, toujours en référence à la folle journée vécue lundi chez Air France.

Bien évidemment, l'exécutif n'a pas laissé passer l'offense. A l'Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls a rejeté les critiques de l'ancien chef de l'Etat, qualifiant de "mot dangereux" l'utilisation du vocable "chienlit". "La chienlit (...), la remise en cause permanente des corps intermédiaires, des syndicats, de l'indépendance de la justice, de ce qui fonde même la démocratie, ce mot chienlit (...) sont des mots dangereux", a répondu le chef du gouvernement au député Alain Chrétien, lequel reprenait l'expression utilisée quelques heures plus tôt par Nicolas Sarkozy.


Un peu plus tard, c'était au tour du chef de l'Etat de répliquer à son adversaire de 2012. Rendant "hommage au dialogue social", lors d'un discours pour les 70 ans de la Sécurité sociale, François Hollande a estimé que les "actes inqualifiables" de la veille ne devaient pas "discréditer les syndicalistes". "Moi, je ne m'en prendrai jamais aux corps intermédiaires", a-t-il ajouté, visant, sans le nommer, le patron des Républicains.

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