Christiane Taubira et les écoutes Sarkozy : mensonge ou simple "malentendu" ?

Christiane Taubira et les écoutes Sarkozy : mensonge ou simple "malentendu" ?

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POLEMIQUE - Alors que l'UMP exige sa démission, Christiane Taubira a assuré mercredi ne pas avoir menti dans le dossier des écoutes judiciaires concernant Nicolas Sarkozy, concédant toutefois un "malentendu". Sans vraiment convaincre.

"Non, je n'ai pas menti". Christiane Taubira, venue exceptionnellement s'exprimer devant les journalistes lors du compte rendu du conseil des ministres, a été contrainte de se justifier mercredi sur sa connaissance du dossier des écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy. Sur France 2, la veille, Jean-Marc Ayrault avait affirmé que lui-même et sa ministre de la Justice avaient été avertis  dès le 26 février dernier de l'ouverture d'une information judiciaire visant l'ex-chef de l'Etat. Problème : ces déclarations contredisaient celles de la ministre de la Justice, qui avait déclaré lundi sur TF1 ne pas avoir eu d'informations avant le 7 mars, date à laquelle Le Monde a révélé l'affaire .

Une nouvelle cacophonie au sommet de l'Etat dont l'opposition, ravie de pouvoir détourner l'attention de ses propres turpitudes , n'a pas manqué de se saisir. Jean-François Copé a appelé à la démission de la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie allant jusqu'à réclamer son "limogeage". Ecartant d'un revers de main cette idée, Christiane Taubira a insisté sur le changement dans la pratique du pouvoir depuis l'élection de François Hollande : "Il peut aujourd'hui s'écouler plusieurs mois sans qu'un Garde des Sceaux ne soit informé qu'un ancien Président ait été placé sur écoute".

"pas d'informations concernant le contenu" des écoutes

Mais la ministre de la Justice, qui "veut bien éventuellement entendre" que ses propos ont créé un "malentendu", doit encore faire face à des incohérences. Elle a ainsi assuré qu'elle aurait été mise au courant le 28 février de l'ouverture d'une information judiciaire concernant Nicolas Sarkozy, et non plus le 26 comme l'avait affirmé Jean-Marc Ayrault. Elle a aussi martelé qu'elle n'avait "pas d'informations concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires". 

Or, le procureur général de Paris, François Falletti, a  confirmé sur Europe 1 avoir informé la Chancellerie du dossier des écoutes dès le 26 février. Et le Monde a publié mercredi après-midi les documents que Christiane Taubira a alors eu en sa possession. "Il en ressort que la ministre de la justice était tenue régulièrement au courant des détails des évolutions de l'enquête liée au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007", souligne le quotidien du soir. 

Des contradictions et imprécisions chronologiques que la majorité balaie. La contre-attaque de l'UMP est "l'une des plus belles opérations d'enfumage politique et médiatique (...) depuis bien longtemps", s'est ainsi exclamé le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies.

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