Christophe Castaner veut en finir avec "la protection à vie des anciens ministres de l'Intérieur"

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GOUVERNEMENT - Christophe Castaner a dressé ce dimanche sa feuille de route de ministre de l'Intérieur. L'occasion pour ce dernier d'annoncer sa volonté de réformer la protection des anciens patron de la place Beauvau.

"Une mesure symbolique". C'est en ces termes que Christophe Castaner a présenté ce dimanche au JDD la réforme qu'il entend mener concernant la protection dont bénéficient les anciens ministres de l'Intérieur. Le nouveau ministre veut en effet "mettre un terme" à "la protection à vie des anciens ministres de l'Intérieur" et la raccourcir. "La protection cesserait cinq ans après la fin des fonctions, sauf si bien sûr une menace persistait", a expliqué Christophe Castaner, à l'hebdomadaire. Le ministre annonce également vouloir consulter ses prédécesseurs dans les semaines à venir.

Une vieille tradition

A l'heure actuelle, les ministres de l’Intérieur peuvent compter sur quatre fonctionnaires rattachés au "Service de la protection", le SDLP, et un véhicule de fonction. Les membres du SDLP sont mobilisés 24 heures sur 24, en principe une semaine sur deux, et ont une semaine pour récupérer. Et s’entraîner.


En envisageant cette réforme, le nouvel homme fort de la Place Beauvau s'attaque à une vieille tradition. Que l’on soit resté au ministère six semaines ou quatre ans, chaque ancien ministre de l’Intérieur bénéficie, après son départ du ministère, d’une protection rapprochée. Et ce, au nom des dossiers sensibles qu’il a pu traiter pendant son exercice et des menaces dont il pourrait faire l’objet. 

16 anciens ministres concernés

16 anciens ministres de l’Intérieur sont actuellement protégés, à vie, et quelle que soit la durée de leur fonction. Parmi eux : des figures emblématiques du ministère, à l'instar de Pierre Joxe (4 ans et demi) ou Nicolas Sarkozy (3 ans et 8 mois). Mais aussi Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Debré, Jean-Pierre Chevènement, Bernard Cazeneuve, Daniel Vaillant, Brice Hortefeux, Paul Quilès, Dominique de Villepin, Claude Guéant, Gérard Collomb, Matthias Fekl, François Baroin, Jean-Jack Queyranne ou Bruno Le Roux. 


Deux ministres ne sont pas protégés. Il s'agit de Philippe Marchand, qui a lui même refusé cette protection après quelques années, et de Manuel Valls depuis qu’il s’est installé en Espagne.

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