Christophe Girard a fait des notes de frais pour trois repas avec Gabriel Matzneff, confirme la Ville de Paris

Christophe Girard a fait des notes de frais pour trois repas avec Gabriel Matzneff, confirme la Ville de Paris
Politique

ENQUÊTE - Mediapart révèle ce mardi que la Ville de Paris a découvert les 22 et 23 juillet derniers l'existence de trois notes de frais engagées par l'ex-adjoint Christophe Girard pour des repas avec l'écrivain accusé de viols sur mineurs Gabriel Matzneff. Le premier adjoint à la mairie confirme, mais estime qu'elles ne sont "nullement" incriminantes.

L'ex-adjoint à la Culture Christophe Girard et l'écrivain accusé de viols sur mineurs Gabriel Matzneff se sont vus au moins trois fois entre 2016 et 2019, au cours de repas payés par la Ville de Paris. Selon Mediapart, les services de la mairie ont trouvé des factures de restaurant datant de 2019, 2017 et 2016. La première, découverte mercredi 22, portant sur un déjeuner au restaurant Le Taxi jaune pour un montant de 85 euros, a été transmise au parquet de Paris qui a ouvert une enquête pour "viols sur mineurs" visant Gabriel Matzneff. 

Les deux autres notes de frais, datant de 2016 et 2017, lorsque Christophe Girard était maire du 4e arrondissement, ont été découvertes jeudi 23 juillet. 

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Dans le cadre de cette enquête, Christophe Girard avait été entendu en mars, notamment en qualité d'ancien secrétaire général de la Maison Yves Saint Laurent entre 1986 et 1987, structure qui a apporté un soutien financier à l'écrivain. Mis sous pression par les élus et alliés écologistes, l'ancien maire du 4e arrondissement, qui avait nié toute proximité avec l'écrivain, a démissionné la semaine dernière de son poste d'adjoint à la Culture juste après la découverte de ces factures. Il avait dénoncé "un climat délétère général"

"Manger avec quelqu'un n'est pas qualificatif de sanction pénale"

Auprès de l'AFP, le premier adjoint Emmanuel Grégoire a indiqué que les trois notes de frais n'étaient "nullement" incriminantes, ni "dissonantes avec ce que disait Christophe Girard" de sa relation avec Matzneff. "D'abord parce que manger avec quelqu'un n'est pas qualificatif de sanction pénale. Et, deuxièmement, Christophe Girard ne se cachait pas d'avoir eu des contacts avec Gabriel Matzneff, qu'il ne qualifie pas d'amicaux mais de professionnels", a-t-il poursuivi.

Auprès de Mediapart, le cabinet d'Anne Hidalgo a indiqué : "La maire a considéré que cette nouvelle pièce n’était pas incriminante, puisqu’on savait que Christophe Girard avait eu de toute façon des liens, qu’il avait été entendu par la justice et qu’il n’est visé par aucune plainte, rien du tout. Elle le transmet dans un souci de transparence et de coopération. Et elle réitère évidemment son soutien à Christophe Girard."

Une "pression" trop forte

Est-ce la découverte de ces notes ou la pression des militantes féministes et des élus écologistes qui a poussé à la démission de l'adjoint, proche d'Anne Hidalgo ? L'élu était "en réflexion depuis un moment" et "ne supportait plus d'être sous une pression aussi malveillante", a indiqué à l'AFP Emmanuel Grégoire en déplorant "une immense injustice qui est de confondre d'avoir connu Gabriel Matzneff avec des accusations a minima de pédophilie voire des amalgames encore plus choquants".

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L’affaire Gabriel Matzneff, écrivain accusé de pédocriminalité

Auprès de Mediapart, Christophe Girard indique que sa décision a été "mûrie" et qu’il l’a "prise en famille le soir de l’élection de la maire et de ses adjoints, sachant pertinemment (...) que le harcèlement ne s’arrêterait pas. Que ce climat fragiliserait la majorité et qu’il [s’était] engagé en politique pour agir en humaniste et social-démocrate, pas en gibier traqué".

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