Clashs à répétition et approximations : la mauvaise soirée de Bruno Le Maire sur France 2

Politique

CAUCHEMAR - Après une mauvaise prestation lors du premier débat de la primaire de la droite et du centre, Bruno Le Maire voulait profiter de son passage dans l'Emission politique ce jeudi (France 2) pour, selon ses propres mots, "remonter sur son cheval". Mais le candidat s'est heurté à des interlocuteurs très en colère. Et ce n'est pas tout...

Bruno Le Maire n'a pas passé une bonne soirée, jeudi, sur le plateau de l'Emission politique. Alors qu'il avait livré une prestation sans saveur la semaine dernière lors du premier débat de la primaire de la droite et du centre, l'ancien ministre avait à coeur de se rattraper. Il bénéficiait de deux heures rien que pour lui pour exposer ses idées. Mais rien ne s'est passé comme prévu.

Vous m'appelez madame Joachim-Arnaud", "Tout ça c'est du pipi de chat !"

Après des échanges sur le burkini, les policiers ou l'adoption pour les couples homosexuels, les choses se sont corsées sur la question de la négociation avec les syndicats. Bruno Le Maire s'est plusieurs fois déclaré défavorable à des discussions avec les syndicats qu'il accuse de bloquer les réformes. Il avait face à lui Ghislaine Joachim-Arnaud, déléguée CGT en Martinique. Au début du dialogue, dans l'une de ses réponses, Bruno Le Maire interpelle la syndicaliste en l'appelant par son prénom. 

Je ne suis pas votre amie !"- La syndicaliste Ghislaine Joachim-Arnaud

Cette dernière n'a pas aimé et a répliqué : "Vous permettez ? Je vous appelle monsieur Le Maire, je me permettrais pas de vous appeler par votre prénom. Non monsieur. Vous m'appelez madame Joachim-Arnaud, mais vous ne m'appelez pas Ghislaine. Je ne suis pas votre amie. Vous êtes dans un camp, je suis dans un autre."  S'en est suivi un échange inaudible et agressif, dont le point d'orgue a été la phrase prononcée par Ghislaine Joachim-Arnaud face aux arguments de son interlocuteur : "Tout ça c'est du pipi de chat !" De quoi laisser le candidat interloqué. 

Une brique de lait en cadeau

Le second clash de l'émission a opposé Bruno Le Maire à l'écrivain Alexandre Jardin. Ce dernier s'est présenté sur le plateau "dans une colère froide" et a aussitôt attaqué le candidat sur ses 1000 pages que compte son programme en lui lançant à la figure... une brique de lait. "Vous nous avez écrit une brique, je vous en apporte une autre" a-t-il expliqué. Il a accusé M. Le Maire de ne pas s'intéresser à la "France qui existe, qui veut compter, et n'en a plus rien à foutre qu'une élite écrive 1 012 pages pour penser à sa place". 

Concernant ses propositions, tout au long de l'émission, Bruno Le Maire a été poussé dans ses retranchements pour les expliquer et les préciser, sans toujours réussir à y parvenir. Il a d'abord eu à débattre avec Malika Zediri sur les emplois rebonds, des emplois payés 5 euros nets de l'heure, destinés aux bénéficiaires d'une nouvelle "allocation de solidarité unique". 

Là encore, face à son interlocutrice plutôt remontée, Bruno Le Maire a peiné à convaincre du bien-fondé de sa proposition. "Est-ce qu’on est moins précaire quand on vit avec le RSA et reste chez soi, ou quand une entreprise vous embauche et vous rémunère moins que le SMIC, 20 heures par semaine pendant un an ? Je permets de cumuler cette rémunération dans une entreprise avec le RSA". Rien de nouveau, cela existe déjà, selon Mme Zediri.   

Surtout, Bruno Le Maire a expliqué qu'il était préférable que les gens gagnent plus en travaillant plutôt qu'en restant chez eux, sous-entendant qu'il était parfois plus avantageux de rester à la maison. Il lui a été prouvé à la fin de l'émission que cela était faux, puisque selon ATD Quart-Monde, cela ne se vérifie pas dans 95% des cas.

Un "Robin des bois à l'envers"

Toujours sur son programme économique, Bruno Le Maire a dû expliquer à François Lenglet, le chroniqueur éco de l'émission, comment supprimer 500.000 postes de fonctionnaires. Il a répondu qu'il supprimerait les 280 000 contrats aidés qui sont des emplois publics (sur 400.000), et 220.000 postes de fonctionnaires. Il mettrait également fin à la fonction publique territoriale. Le chroniqueur l'a aussi traité de "Robin des bois à l'envers" qui prend aux pauvres pour donner aux riches. 

Confusion autour du port du voile ou du niqab dans l'espace public

Enfin, l'une des plus grande confusion de la soirée concerne la position de Bruno Le Maire sur le port du voile dans l'espace public. En début d'émission il a estimé qu'il  fallait réfléchir au port du "voile", en particulier "dans les espaces publics" et les transports, avant de dire qu'il parlait finalement de "niqab". 

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