Gérard Collomb candidat à Lyon : ces piliers de LaREM qui pourraient eux aussi quitter le gouvernement avant les municipales

Politique

ELECTIONS - Gérard Collomb a annoncé dans L'Express qu'il quitterait le gouvernement en juin 2019 afin de mener campagne pour les municipales à Lyon. D'autres ministres au coeur du pouvoir macroniste pourraient suivre. L'enjeu : remporter de grandes métropoles en 2020.

Mouvements de troupes en vue au sein de l'exécutif. En annonçant à L'Express qu'il serait candidat aux élections municipales à Lyon, Gérard Collomb a ouvert mardi un nouveau chapitre pour le pouvoir, qui entre de fait dans une phase pré-électorale. Au-delà des élections européennes, en mai 2019, la majorité doit préparer l'échéance de 2020, et anticiper un plan de bataille pour tenter de conquérir ou conserver de grandes villes alors qu'il ne bénéficie pour l'heure que d'un faible ancrage local. 

Pour lancer cette bataille, plusieurs poids lourds de la majorité, soutiens de la première heure d'Emmanuel Macron, pourraient devoir quitter le gouvernement dans la foulée de Gérard Collomb.

"Un enjeu local" à Lyon

En annonçant sa candidature à la mairie de Lyon, qu'il a dirigée de 2001 à 2017, à dix-huit mois de l'échéance, Gérard Collomb a officialisé ce qu'il laissait entendre depuis déjà plusieurs mois. Il quittera le gouvernement dès juin 2019 pour partir en campagne. Si la relation entre le ministre de l'Intérieur et Emmanuel Macron s'est refroidie ces derniers jours - les deux hommes se sont expliqués lundi dernier après ses propos sur le "manque d'humilité" du pouvoir -, les raisons de ce départ annoncé semblent davantage répondre à un choix stratégique de la majorité. 

"Nous connaissons tous l'affection de Gérard Collomb pour sa ville et la métropole lyonnaise. C'est une bonne nouvelle qu'il souhaite y consacrer du temps et de l'énergie", a simplement commenté l'Elysée mardi.

Plus précisément, l'annonce du retour de Gérard Collomb dans sa ville serait justifiée par le contexte politique lyonnaise. "Il y a une situation locale", a observé le député LaREM Bruno Bonnell, lundi à l'Assemblée nationale. "Il y a une opposition de droite dure derrière Laurent Wauquiez, et une extrême droite avec Marion Maréchal, qui ne fait pas de politique tout en en faisant" [elle ouvre son école, l'ISSEP, à Lyon, NDLR]. Bref, il s'agit d'aller sauver "un bastion de la Macronie en danger", reconnaît Bruno Bonnell. 

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Paris et Marseille en ligne de mire

Après l'annonce faite par Gérard Collomb, les regards se tournent naturellement vers un autre enjeu majeur des municipales de 2020 : Paris. Alors que la majorité y prépare les bases d'un projet, les potentiels candidats au sein de LaREM ne manquent pas. Benjamin Griveaux peaufine depuis de longs mois sa possible candidature dans la capitale. Le porte-parole du gouvernement esquissant même les premières pistes d'un programme. 

L'autre nom qui circule le plus : celui de Mounir Mahjoubi. Autre pilier de la Macronie, le secrétaire d'État chargé du numérique revendique de plus plus clairement la possibilité d'être candidat face à la maire socialiste Anne Hidalgo. Les deux macronistes ont un point commun : ils sont tous deux secrétaires d'Etat au sein du gouvernement, et très proches d'Emmanuel Macron. La candidature de l'un d'eux conduirait logiquement, là encore, à une sortie de l'exécutif et à un remaniement. 

Une autre pointure de la Macronie pourrait suivre le mouvement : Christophe Castaner, l'actuel patron de LaREM, et lui aussi membre du gouvernement. Le nom de l'ancien socialiste rallié très tôt à Emmanuel Macron circule régulièrement pour la bataille des municipales à Marseille, où la succession de Jean-Claude Gaudin ouvre la voie à un affrontement de dimension nationale entre la droite, le RN et la présence de Jean-Luc Mélenchon (LFI). Pour autant, Christophe Castaner a martelé, début septembre, qu'il n'était pas - "à l'heure qu'il est"- candidat à Marseille. 

Enfin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui pilote la réforme du prélèvement à la source, pourrait lui aussi quitter l'exécutif pour se représenter à Tourcoing, la ville dont il était le maire. 

"Ministre intermittent"

La possibilité que plusieurs ténors quittent le gouvernement en 2019 pourrait entraîner de vastes mouvements dans l'exécutif. Une situation instable qui n'échappe pas à l'opposition. Lundi, le député LR Eric Ciotti  pointait déjà la situation de Gérard Collomb, candidat sans l'être encore. "Il y a un risque qu'il devienne ministre intermittent", a-t-il ironisé. "Il est encore là pendant un an, à temps plein", ont répondu de conserve les députés de la majorité, à l'instar de Bruno Fuchs (LaREM, Haut-Rhin), interrogés à l'Assemblée nationale. 

Les municipales pourraient accélérer le vaste remaniement à venir au sein de l'exécutif, d'autant que la règle fixée au sein du gouvernement est de démissionner un an avant l'échéance, c'est-à-dire au printemps prochain. Emmanuel Macron veut rester malgré tout "le maître des horloges". L'Elysée le faisait comprendre lundi : "Le Président réorganisera l'équipe gouvernementale lorsqu'il le jugera nécessaire". 

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