Comme un air de campagne ? François Hollande annonce une baisse d'impôt en 2017

Comme un air de campagne ? François Hollande annonce une baisse d'impôt en 2017

POLITIQUE - Le président François Hollande, plus que jamais en campagne, attaque la droite et donne des gages à sa gauche en confirmant notamment une nouvelle baisse d'impôt en 2017 pour les classes moyennes, dans un entretien fleuve aux Echos à paraître jeudi.

Pif, paf. Un coup à gauche, un à droite, et un peu de beurre dans les épinards des Français. Serait-il en campagne ? Cela en aurait tout l'air, pour le président François Hollande qui dans une interview ce jeudi aux Echos attaque la droite, donne des gages à sa gauche, et confirme notamment une nouvelle baisse d'impôt en 2017 pour les classes moyennes.

Après son discours au théâtre du Rond-Point le 3 mai, cette interview semble acter la deuxième étape de la désormais plus que probable entrée en campagne d'un président au plus bas dans les sondages : discours très musclé contre la droite, volontariste sur la conjoncture économique, nouveaux cadeaux fiscaux, critique ouverte de Donald Trump, message d'apaisement vis-à-vis de la CGT...

► Le chômage inversé ?
"D'abord, il y a bien une reprise en France et un début d'inversion de la courbe du chômage, c'est un fait indiscutable", déclare le chef de l'Etat, dans une formule moins hésitante que son "ça va mieux" du début d'année, beaucoup moqué, y compris dans son camp.
Particulièrement optimiste pour l'économie française, il sort de la réserve du gouvernement depuis deux ans sur les prévisions macroéconomiques pour annoncer 1,6% de croissance en 2016 et 1,7% en 2017 , sauf accident lié au Brexit, contre deux fois 1,5% jusqu'ici prévus par Bercy.

► Les impôts allégés
Il dessine les contours de la nouvelle baisse d'impôt qu'il avait appelée de ses voeux début mai. Elle ne pourra "être supérieure à 2 milliards d'euros" et de préférence "ciblée sur les classes moyennes".

► Fermeté à l'international
Fait plutôt rare pour un chef d'Etat, François Hollande se livre également à une critique très forte du futur candidat des Républicains à la présidentielle américaine, Donald Trump. Une victoire de celui-ci "compliquerait les rapports entre l'Europe et les Etats-Unis" et "oui", son entrée à la Maison blanche serait dangereuse, juge-t-il.
François Hollande l'Européen qui a multiplié ces derniers jours les rencontres avec ses homologues et au Conseil européen pour tirer les conséquences du choix britannique de quitter l'Union européenne, se montre très ferme vis-à-vis de la City, souhaitant "adapter nos règles y compris fiscales pour rendre la place financière de Paris plus attractive".

► Critiques pour la droite
La droite n'est pas épargnée. Il voit dans ses projets "beaucoup d'inconséquence et peu de justice". "Les programmes des candidats à la primaire, c'est plus de dépenses dans tous les domaines et moins d'impôtsdans tous les autres", moque-t-il en rodant ses arguments de campagne.
"C'est sur d'autres sujets que se fait la différence, essentiellement sur l'Europe et sur l'identité nationale mais pour le reste, c'est, si je puis dire, un fonds commun de mauvais placement", assène le chef de l'Etat qui pourrait affronter à nouveau celui qu'il a éliminé en 2012, l'ancien président Nicolas Sarkozy.

► Réconfort pour la gauche
Mais François Hollande s'adresse également à sa gauche, récusant le procès en trahison que lui font nombre d'alliés de 2012. "La trahison, c'eût été de laisser le pays dans l'état où je l'ai trouvé. Je m'en expliquerai devant les Français autant que nécessaire", affirme le chef de l'Etat, qui contrairement à Arnaud Montebourg et surtout à Jean-Luc Mélenchon n'imagine "pas régler les problèmes des Français par une VIe République".

 Soutien aux syndicats
Apaisement également sur la loi Travail: "cette loi va permettre de donner au syndicalisme des moyens qu'il n'a jamais eus dans notre pays", promet-il, en rappelant qu'il ne lâchera pas sur l'article 2 (inversion de la hiérarchie des normes) et qu'il aura recours, si nécessaire, au 49-3 pour la dernière lecture à l'Assemblée.
Et fidèle à son rôle de rassembleur, il calme le jeu vis-à-vis d'une CGT directement mise en cause mi-juin par Manuel Valls au lendemain des violences très importantes à Paris: "elle n'est pas responsable des violences, elle en a même été victime".

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