Comment la Nouvelle-Calédonie a (re)mis le feu entre Mélenchon et Valls

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

SANS MOI - Depuis que le fondateur de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a expliqué son retrait de la "mission d'information sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie" en raison de la présence de Manuel Valls à sa tête, le ton n'a eu de cesse de monter entre les deux hommes.

Jean-Luc Mélenchon avait déjà prévenu il y a trois jours. Dans un tweet rageur, le leader des députés de La France insoumise (LFI) avait pris comme une "corvée" de "siéger avec l'ignoble Valls à la Commission Nouvelle-Calédonie" (il s'agit en réalité d'une "mission d'information"). Vendredi, le député LFI des Bouches-du-Rhône est passé aux actes. Dans une lettre adressée au président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, il a indiqué que son groupe ne participerait pas à cette mission consacrée à l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. 

A regret, assure-t-il, car il a "suivi personnellement chaque étape de la vie politique du territoire depuis avant même les accords entre ses protagonistes". Il a publié cette lettre d'explication sur son blog

Trop, c'est trop

Malgré sa bonne volonté, un élément perturbateur rend totalement impossible sa participation au travail des parlementaires : Manuel Valls. L'ancien Premier ministre s'est en effet vu confier la présidence de la fameuse mission d'information. Pour Jean-Luc Mélenchon, cette nomination est rédhibitoire : 

On ne saurait faire de choix plus inapproprié. Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite- Jean-Luc Mélenchon

Pour étayer ses accusations, Jean-Luc Mélenchon évoque pêle-mêle la séquence de Manuel Valls sur les "whites" et les "blancos", ses réflexions sur les populations "inassimilables" et sa proximité supposée "avec l'extrême droite israélienne", alors qu'une photo le montrant tout sourire avec Ayelet Shaked, ministre de la Justice israélienne et membre du Foyer juif, circule sur les réseaux sociaux.

Relations tendues

Jean-Luc Mélenchon a gardé en mémoire les récentes accusations de l'ancien Premier ministre à l'égard des députés LFI, accusés de tenir "un discours islamo-gauchiste" et d'être "dans la complaisance vis-à-vis du communautarisme". 

En vidéo

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Valls répond

Manuel Valls a répondu ce vendredi sur Twitter à la charge virulente du leader de LFI. "Ignoble et outrancier texte de Mélenchon qui en claquant la porte de la mission, affiche son mépris pour les Calédoniens", lance l'ancien Premier ministre, pas moins virulent. "Que vient faire Israël dans ce débat ? Quel lien avec l'islamisme radical ? Là encore, des raccourcis et allusions évidentes et délétères". Et de conclure : 

Sur la chaîne France Ô, plus tôt dans la journée, il avait indiqué, en tant que président de la mission d'information, qu'il faudrait "faire preuve de méthode" au sujet de la Nouvelle-Calédonie. Il a ajouté : "Il ne faut pas politiser, nationaliser ce sujet".  Trop tard. 

Et ça continue...

En effet, ce samedi, le maire d'Evry, le très vallsiste Francis Chouat, a tenu sur BFM des propos d'une violence particulièrement virulente, faisant un trait d'union entre Jean-Luc Mélenchon d'un côté et la mouvance Dieudonné-Alain Soral de l'autre. Il faisait référence là au fait que l'humoriste controversé avait, en juin dernier, appelé à voter Farida Amrani, candidate de la France insoumise contre Manuel Valls. 

De son côté, Jean-Luc Mélenchon ne baissait pas le volume. Sur Twitter, ce samedi midi, le député de Marseille pointait du doigt "la bande à Valls" et réitérait ses accusations de la veille : 

A quoi Manuel Valls a ensuite répondu d'un hashtag inspiré des soutiens à Charlie Hebdo :

Fin mot de l'histoire ? Ce samedi, l'AFP se voyait adressé un communiqué de la part de François de Rugy, président de l'Assemblée nationale, et allié politique de longue date de Manuel Valls (il l'avait soutenu au second tour de la primaire de la Belle alliance populaire et les deux hommes appartiennent au même parti). L'élu nantais, qui n'a jamais caché son agacement à l'égard de Jean-Luc Mélenchon, lui a cette fois répondu que "la création et la constitution de la mission" sur la Nouvelle-Calédonie étaient "conformes au règlement". 

Et de se permettre de lui rappeler : "Les divergences politiques que vous exprimez avec Monsieur Valls sont non seulement contestables mais par ailleurs totalement étrangères à la question de la Nouvelle-Calédonie". Le tout accompagné d'un commentaire pour déplorer "la nature des propos des tenus" par Jean-Luc Mélenchon. Des divergences politiques "contestables" ? François de Rugy a dû oublier que c'est Manuel Valls qui a, le premier des deux, théorisé l'existence de "deux gauches irréconciliables"...

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