Communautarisme : Macron promet des "mesures concrètes dans les prochaines semaines"

Communautarisme : Macron promet des "mesures concrètes dans les prochaines semaines"
Politique

MUNICIPALES - Devant le congrès des maires de France, Emmanuel Macron a promis, "dans les prochaines semaines", des mesures contre le communautarisme mais a pris ses distances en revanche avec une interdiction des listes communautaires aux prochaines municipales de 2020.

Devant les maires de France réunis pour leur 102ème congrès ce mardi, le Président de la République a réservé une partie de son discours à la problématique du communautarisme. "Je ne peux rester silencieux sur le communautarisme, sur l’islamisme politique. Je ne veux rien cacher d’une réalité que beaucoup d’entre vous vivent. Dans certains quartiers des projets de séparation de la république existent, il y a des espaces publics où la mixité n’est plus possible. Revendications sur les horaires réservés aux femmes dans les piscines, pressions exercées dans certains services publics, déscolarisation d’enfants ... A chaque fois les maires sont en première ligne. " a déclaré le Président.

12 lieux de culte, 5 écoles hors contrat et 9 lieux associatifs fermés

"L’état agit et continuera d’agir. Les lois ont été prises et les actions conduites, notamment par le ministre de l’Intérieur et de l’Education Nationale." Emmanuel Macron a notamment détaillé les résultats concrets obtenus par ces mesures : 12 lieux de culte, 4 écoles hors contrat, 9 lieux associatifs fermés ces derniers mois. "Le ministre de l’intérieur donnera des instructions nouvelles aux préfets dans les prochains jours et le gouvernement donnera des mesures concrètes sur le sujet dans les prochaines semaines", a-t-il ensuite ajouté.

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Ne pas confondre la laïcité, la civilité et l'ordre public

"Je veux nous appeler à ne pas tout confondre. Si tout le monde est mobilisé dans ce grand combat républicain qu'est la laïcité, on confond bien souvent la laïcité, la civilité et l’ordre public", a commencé le Président de la République. Il a ensuite fait une longue déclaration, faisant référence sans le nommer à la mère d'élève voilée et humiliée lors d'une sortie scolaire par un élu RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté en octobre dernier.

"La laïcité a son cadre : la loi de 1905. C'est un cadre de liberté et de respect, de croire et de ne pas croire. Un cadre de neutralité mais en aucun cas un cadre d'exclusion. Se servir de la laïcité pour monter une part de la société française contre une autre serait une lourde erreur historique" a déclaré Emmanuel Macron  "Ce cadre faisons-le respecter et appliquer partout ! Mais faisons-le avec l’esprit de République qui unit et non l’esprit de division... il est inefficace."

Interdire les listes communautaires ne suffira pas à résoudre le problème

Emmanuel Macron a ensuite abordé la question très actuelle des listes communautaires. "Je suis pragmatique et ouvert à toutes les propositions, si elles sont efficaces et qu'elles respectent nos principes. J'appelle à la prudence, pas celle qui empêche l'action mais celle qui nous conduit à étudier les conséquences de nos propositions. Il ne s’agit pas seulement de proclamer des interdictions pour régler le problème", a-t-il assuré, soulignant la difficulté de les identifier. "Comment les définir ? Qui en serait le juge et selon quels critères?" "Qui  peut penser d'ailleurs que de telles listes se présenteront à visage découvert ?", a ajouté Emmanuel Macron qui a appelé au "combat politique". 

Une réponse en forme de fin de non recevoir au patron des sénateurs LR  Bruno Retailleau qui a déposé le 8 novembre une proposition de loi pour lutter  contre les "listes communautaristes", en pleine polémique sur ce sujet et le  voile, dans le sillage du débat sur l'immigration au parlement voulu par le  chef de l'Etat.

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"Ceux qui ont des projets de séparation d'avec la République se cachent et se dissimulent, mais je sais que je peux compter sur les maires de France pour les débusquer et les combattre, pour fermer les associations et les écoles qui ne répondent pas exactement aux principes républicains", a conclu le chef de l'Etat. 

Partisan de l'interdiction des listes communautaires, Bruno Retailleau a estimé que la position du président de la Répubique était "un renoncement de plus. La République doit poser des limites. Avec  ce raisonnement on ne dissoudrait pas les mouvements anti-républicains.  L'immobilisme est en marche, rien ne l'arrêtera!"

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