Comptes de campagne de Sarkozy : "Une enquête légitime mais beaucoup trop tardive"

Comptes de campagne de Sarkozy : "Une enquête légitime mais beaucoup trop tardive"

Politique
DirectLCI
JUSTICE – Une nouvelle enquête préliminaire vise les comptes de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy. En ligne de mire de la Cour des comptes et du parquet de Paris, le financement d'un meeting de 2011 à Toulon. Explications.

Enième volet judiciaire pour Nicolas Sarkozy, et nouveau rebondissement dans l'affaire des comptes de sa campagne de 2012. Une enquête a été ouverte début octobre sur le financement du meeting de Toulon du 1er décembre 2011, soit cinq mois avant la présidentielle et deux mois avant qu'il ne se déclare candidat à sa propre réélection, a-t-on appris lundi. Ce meeting n'avait pas été inscrit dans les frais engagés pour sa campagne, alors qu'il aurait dû. En juillet 2013, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) avait d'ailleurs, fait inédit, rejeté la facture de ses comptes de campagne, qui dépassaient le plafond autorisé de 22.509.000 euros, après la réintégration de plusieurs meetings préélectoraux. La facture pour l'UMP s'élevait alors à 11 millions d'euros.

Pour le CNCCFP, puis pour le Conseil constitutionnel, qui avait validé cette décision le 4 juillet 2013, ces meetings ne pouvaient s'inscrire dans l'exercice du mandat présidentiel au vu de leur importance et de l'implication de l'UMP. Idem en ce qui concerne le meeting de Toulon, dont le montant est chiffré à 155.715 euros selon le Conseil constitutionnel. Pour Raymond Arvillier, militant écologiste grenoblois dont le courrier adressé l'été dernier à la Cour des Comptes et au parquet général de la cour d'appel de Paris a entraîné le lancement de l'affaire, "c'est une enquête importante, qui est logique."

"Plus beaucoup d'impact sur les Français"

Mais qui n'aura sans doute pas l'effet escompté par l'activiste : "Je crois que ça n'aura pas beaucoup d'impact sur les Français, l'essentiel a déjà été dit lors de l'enquête du CNCCPF", confie à metronews le politologue Stéphane Rozès. "Raymond Avrillier est un justiciable partisan et sourcilleux", poursuit le spécialiste. Certes, "une enquête est légitime, mais sur les délais de la justice, c'est beaucoup trop tardif. Ça aurait eu plus de sens si une enquête avait été lancée à l'époque".

Et de conclure : "En politique, il y a des séquences qui s'ouvrent, d'autres qui se ferment. L'affaire des financements est fermée dans l'esprit des Français", affirme le politologue. En somme, si Nicolas Sarkozy peut craindre une nouvelle amende salée, il peut aussi compter sur le soutien très fort de ces nombreux amis et militants et surtout, il n'a, pour Stéphane Rozès, pas trop de souci à se faire dans le cas d'un éventuel retour en politique en 2017.
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter