Concilier "fin du monde et fin du mois" : ce qu'il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron

Politique
ÉCOLOGIE - Le chef de l’État a annoncé ce mardi une série de mesures pour favoriser la transition écologique. Il en a aussi profité pour dire qu’il comprenait la colère des Gilets jaunes, sans toutefois apporter de réponses précises à leurs revendications.

C’était un discours très attendu. Ce mardi, Emmanuel Macron a dévoilé la feuille de route du gouvernement en matière de transition écologique. Il a également profité de ce discours pour répondre à la colère des Gilets jaunes, expliquant ne pas vouloir opposer les problèmes de pouvoir d'achat des Français et ceux liés à la dégradation de la planète : "Aux Français qui disent : 'On entend le président, le gouvernement, ils évoquent la fin du monde et nous, on parle de la fin du mois', nous allons traiter les deux, nous devons traiter les deux". Quelles sont les principales annonces ?

Nucléaire : on réduit, mais on ne ferme pas

Le chef de l’État a tout d’abord confirmé la fermeture de la centrale de Fessenheim d’ici 2020. Il a aussi évoqué la fermeture de 12 autres réacteurs entre 2025 et 2035 dont 4 à 6 d’ici 2030. A noter cependant qu’il n’y aura de fermeture complète de sites nucléaires pour limiter les conséquences sociales et économiques, a promis Emmanuel Macron. 


Il n’a en revanche pas annoncé la création de nouveaux EPR. Il préfère sur ce sujet temporiser et a demandé à EDF de travailler sur différents scénarios d’ici à 2021 pour effectuer ensuite les meilleurs choix. Enfin, il a confirmé l’objectif de fermer les dernières centrales à charbon présentes sur le territoire d’ici 2022.

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Macron annonce la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d'ici à 2035

Énergies renouvelables

L’objectif de 50% de nucléaire dans le mix énergétique français d’ici 2035 a été renouvelé. D’où la nécessité de développer massivement les énergies renouvelables pour tenter cet engagement. Dans ce domaine, Emmanuel Macron souhaite que le parc éolien terrestre soit triplé à l’horizon 2030 ainsi qu’une multiplication par cinq du photovoltaïque. Sans fournir de chiffres précis, il a aussi plaidé pour le développement de l’éolien en mer.


"Nous concentrons nos efforts sur le développement des énergies renouvelables les plus compétitives, et parce que nous veillons au pouvoir d'achat des Français, nous serons exigeants avec les professionnels sur la baisse des coûts", a-t-il souligné. C’est pourquoi le budget alloué aux énergies renouvelables sera augmenté au fil des années. De 5 milliards d’euros actuellement, il attendra progressivement les 7 à 8 milliards, a promis Emmanuel Macron.

Carburants

Il n’y aura pas de retour en arrière concernant la taxe carbone et donc sur la hausse de la fiscalité sur les carburants au 1er janvier. Emmanuel Macron l’a répété, le cap sera maintenu par souci de cohérence. Néanmoins, il a laissé entendre que la fiscalité des carburants serait adaptée aux fluctuations du coût du baril. "J'entends la grogne qui s'est focalisée sur le prix du carburant", a-t-il lancé, en suggérant d'"adapter toute nouvelle hausse de la taxe à l'évolution des marchés du pétrole" afin d'en "atténuer" l'effet pour les citoyens. Si le retour de la TIPP flottante semble à ce stade improbable, une évaluation de la fiscalité sur les carburants "tous les trimestres" est quant à elle à l’étude.

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Le retour du fiscalité flottante sur l'essence ? "Jospin y avait renoncé au bout de 2 ans"

Rénovation des logements

Pour assurer la transition écologique, une baisse de la consommation d’électricité est inévitable, a rappelé Emmanuel Macron. Pour parvenir à cet objectif, la rénovation des logements sera une nécessité. C’est pourquoi il a promis 9 milliards d’euros d’investissement pour assurer une meilleure isolation des bâtiments. D’autres mesures précises sur ce sujet devraient été dévoilées très prochainement par le gouvernement.

Haut-Conseil pour le Climat

Annoncée dès ce week-end, Emmanuel Macron a évoqué très brièvement la création d’un Haut-Conseil pour le Climat, chargé notamment de "rétablir des faits, de la vérité scientifique" afin d’améliorer le débat public. "On ne peut pas confronter des avis sur de fausses informations ou des contre-vérités", a ajouté le locataire de l’Élysée. 

Lancement d’une grande concertation nationale

C’est l’une des réponses d’Emmanuel Macron aux Gilets jaunes. Rapidement, une grande concertation sur la transition écologique et sociale sera lancée dans toute la France afin d’élaborer des "solutions" et des "méthodes d'accompagnement" pour rendre acceptables les mesures prises. D’une durée de trois mois, cette concertation sera déclinée sur tout le territoire et réunira les associations, les élus ainsi que des représentants des Gilets jaunes, a promis le président de la République.  

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Macron aux Gilets jaunes : "J'entends la colère"

Affirmant comprendre "la crainte exprimée par nombre de nos concitoyens ces derniers jours", Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de "changer de méthode", sans plus de détails. À charge pour le Premier ministre Édouard Philippe de préciser comment "construire cette méthode commune de travail", s’est-il contenté d’expliquer.

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