Combien vont coûter les mesures annoncées par Macron (et qui va payer) ?

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La présidence Macron

QUI VA PAYER ? Le président Macron a annoncé jeudi une baisse significative des impôts, une réindexation progressive de toutes les retraites ainsi qu’une prolongation de la défiscalisation des primes exceptionnelles de fin d’année. Ces 3 seules mesures pourraient coûter plus de 9 milliards d’euros par an… dont le financement ne fera pas que des heureux. Les entreprises devraient être mises à contribution mais aussi les salariés en travaillant plus.

Il ne s’agira pas seulement d’une baisse. Mais bien d’une baisse "significative". Emmanuel Macron a promis une forte baisse de l’impôt sur le revenu jeudi lors de sa conférence de presse.  Questionné sur son montant à l'issue de son discours, le chef de l'Etat  a avancé le chiffre de 5 milliards d'euros de baisse de l'impôt sur le revenu. Celui-ci rapporte aujourd'hui 75 milliards d'euros par an à l'Etat. "Autour de cinq milliards, je pense que ce serait une bonne chose", a expliqué le chef de l'Etat laissant à son Premier ministre le soin de mettre en forme cette réforme. 

Autre annonce très attendue : la réindexation des pensions de retraites de moins de  2.000 euros sur l'inflation. Avec deux nouveautés : la fin de la  "sous-indexation" de toutes les retraites en 2021, et la volonté d'une retraite minimale de 1.000 euros pour tous ceux qui ont une carrière complète. Cette mesure - à terme - est estimée à 3 milliards d'euros.

Dernière mesure : la prolongation de la défiscalisation des primes exceptionnelles de fin d’année par les entreprises. Son coût : 1 milliard d'euro pour l'Etat selon François Lenglet, spécialiste économie de TF1. 

Total de ces mesures : 9 milliards de baisses de recettes pour l'Etat. Un manque à gagner qui s'ajoute aux 10 milliards de mesures déjà annoncé par le gouvernement pour répondre à la crise des Gilets jaunes.

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Les niches fiscales des entreprises dans le viseur

Comment financer ces mesures autrement qu'en augmentant la dette de l'Etat ? Le chef de l'Etat a avancé plusieurs propositions dont deux seront, à n'en pas douter, impopulaires. "J'ai demandé au gouvernement de mettre en oeuvre cette baisse d'impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique", a expliqué Emmanuel Macron. Cette niche fiscale pourrait être la "niche Copé", avance François Lenglet. Il s'agit aujourd'hui d'un mécanisme d'exonération partielle de l'impôt sur les sociétés en cas de plus-value sur la vente, par exemple, de leur filiale. Cette perspective a rapidement fait bondir les représentants des petits patrons. 

"Peu de mesures concernent directement les entreprises sauf l'augmentation d'impôt dissimulée sous le terme ambigu de suppression des niches fiscales des  entreprises", a réagi la CPME au terme de la conférence de presse du président de la République. "A croire que le ras-le-bol fiscal des artisans, TPE (très petites entreprises NDLR) et PME n'a pas été entendu !", s'est-elle insurgée.

Autre piste pour financer les baisses :  l'allongement de la durée de cotisation pour le départ en retraite, sans toucher pour autant à l'âge légal qui est actuellement de 62 ans. "Travailler plus, ça peut se faire d'une autre manière, (comme) allonger la durée des cotisations et de laisser le libre choix", a-t-il soutenu. 

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Cette "option permet de dégager des économies pour réinvestir dans des baisses d'impôts", a-t-il ajouté. En réponse à cette annonce, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a appelé à manifester massivement le 1er mai. 

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