Conférence de presse : "François Hollande a voulu montrer qu'il était le patron"

Conférence de presse : "François Hollande a voulu montrer qu'il était le patron"

Politique
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INTERVIEW - Virginie Spies, sémiologue et maitre de conférences à l'Université d'Avignon, analyse pour metronews l'intervention du chef de l'Etat durant sa troisième conférence de presse.

Comment jugez-vous la rhétorique du chef de l'Etat ce mardi ?
Intéressante car la forme correspondait au fond. François Hollande a voulu reprendre les rênes et il y est plutôt parvenu, dès le début de son intervention. Il voulait montrer qu'il était le patron, reprendre la main à l'heure des rumeurs. C'est ce qu'il a tout de suite fait en utilisant dans les premières minutes de son discours des termes tel que "conviction", croissance vigoureuse"... Le champ lexical de la performance mais aussi celui de l'action. Avec cette idée de l'homme pressé - lui qui est souvent accusé d'être mou – avec des expressions tel que "pas de temps à perdre" ou "le timing est serré".

Les références au gouvernement ont également été nombreuses.
Oui, pour ne pas donner l'impression de s'isoler. Il a souvent cité des ministres comme Manuel Valls mais aussi Jean-Marc Ayrault. Surtout qu'on a souvent reproché au président de ne pas parler de son Premier ministre.

Le chef de l'Etat était également très attendu sur sa relation supposée avec l'actrice Julie Gayet. Pensez-vous que chaque mot a été savamment pesé ?
Au départ oui, certainement, même s'il faut reconnaître que les journalistes ont été pugnaces, l'obligeant à adopter une certaine gravité . François Hollande a également pris soin de ne pas se mettre à dos les Français : "Je comprends votre question, et je pense que vous allez comprendre ma réponse."

Peut-on cependant dire qu'il a repris la main ?
C'était son intention : montrer qui est le patron, qui est le capitaine du navire. Maintenant, le feuilleton n'est pas terminé. On est mardi, les hebdomadaires people ressortent jeudi...

Cette intrusion dans la rubrique people ne le rendrait-elle enfin pas "normal" ?
C'est mon point de vue. La "peopolisation" des hommes politiques les rend plus humains. Cela ne plaît pas forcément à tout le monde, mais reste une qualité. Nicolas Sarkozy, qui maniait très bien cet art, l'avait compris : la séquence qu'on a revu ces derniers jours de la conférence de presse en 2008 où il ne voulait pas "qu'on prenne une photo de (lui) au petit matin, glauque" avait pour objectif de le rendre plus humain. Mais c'est aussi très dangereux : si Valérie Trierweiler se pose en femme malade, à l'hôpital, cela va être très compliqué pour François Hollande. Le président passerait pour le méchant, celui qui a fait du mal.

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