Conférence de presse : le bon coup de Hollande

Conférence de presse : le bon coup de Hollande

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ELYSEE - Pour la conférence de presse la plus attendue depuis le début de son quinquennat, en plein "Gayetgate", le président a botté en touche sur les questions de vie privée. Brandissant, en revanche, quelques annonces politiques fortes.

En parler ou pas. Sans surprise, François Hollande a décidé mardi, lors de sa grande conférence de presse de début d'année, de ne pas répondre aux questions des journalistes sur l'affaire "Gayetgate" qui secoue l'Elysée depuis cinq jours. Après quarante minutes de discours présidentiel, le premier à se lancer y est pourtant allé franchement : "Valérie Trierweiler est-elle toujours aujourd'hui première dame de France ?". Mais en face, le chef de l'Etat s'était bien évidemment préparé, et a tenu la ligne de défense choisie depuis vendredi : respect de la vie privée . Tout au plus a-t-il admis traverser "des moments douloureux" avec sa compagne, et promis d'éclaircir la situation d'ici à son voyage officiel prévu aux Etats-Unis, le 11 février prochain.

Pour tenir bon face à 600 journalistes ainsi laissés sur leur faim, encore fallait-il leur donner autre chose à se mettre sous la dent… Cela tombe bien : muet sur sa vie privée, le Président avait en revanche prévu du lourd dans sa besace politique. Et c'est sur le volet économique qu'il a choisi d'attaquer. "Si la France veut garder la maîtrise de son destin, elle doit retrouver de la force économique", a-t-il lancé en préambule. Et si, selon lui, l'action du gouvernement de Jean-Marc Ayrault a permis de marquer un "coup d'arrêt" au déclin, il faut aujourd'hui "aller plus vite, plus loin".

65 milliards d'économies d'ici à 2017

C'est là qu'intervient le "pacte de responsabilité" annoncé lors des vœux du Président à la nation , le 31 décembre dernier. Qu'il a détaillé mardi avec une annonce forte : la fin, "pour les entreprises et les travailleurs indépendants", des cotisations familiales d'ici à 2017. En clair, environ 30 milliards de charges en moins pour les entreprises. Une bouffée d'air frais, "qui leur permettra de revenir à leur taux de marge d'avant la crise", indique à metronews Philippe Waechter , directeur de la recherche économique de Natixis AM. Or, qui dit meilleures marges, dit plus d'argent pour investir et créer des emplois. Une revendication de longue date du patronat. Le montant annoncé peut-il être suffisant relancer la machine ? "On change de braquet", nous confirme l'économiste.

Le problème, chacun l'aura compris, c'est que cet allègement de charges, c'est un trou en plus dans les caisses de la branche famille de la Sécu. Or, le président ayant promis de préserver le modèle social, il va falloir le combler. Si cela ne se fera pas avec de nouveaux impôts, a-t-il également promis, il ne reste qu'une solution : des économies. Aux 15 milliards déjà prévues pour 2014, le président a donc ajouté mardi 50 milliards entre 2015 et 2017. "C'est inédit", a-t-il plastronné. Pour suivre l'application de cette promesse, un "Conseil stratégique de la dépense" se réunira chaque mois. Reste à voir dans quels domaines il rognera : et ça, le président ne l'a pas dit… Espérant, peut-être, replacer le débat public sur un terrain moins privé.

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