Confessions, regrets, bourdes : Agnès Buzyn et la crise du coronavirus en cinq citations

Les quatre vérités d'Agnès Buzyn
Politique

FLASHBACK - L'ancienne ministre de la Santé est entendue à partir de ce mardi par la commission d'enquête parlementaire chargée de mieux comprendre la gestion de la crise du coronavirus. L'occasion de revenir sur six derniers mois particulièrement délicats.

Fin novembre 2019. Après une multiplication des revendications, la ministre de la santé Agnès Buzyn présente son "plan d'urgence" pour soutenir l'hôpital public français. Entre reprises de dettes, rallonges budgétaires et primes supplémentaires, le projet vise à une amélioration à court terme des conditions de travail dans le secteur. Parallèlement, le monde assiste à l'apparition d'un nouveau virus en Chine : le Covid-19. En quelques semaines, tout s'accélère et précipite Agnès Buzyn dans l’œil du cyclone. Retour sur les principales déclarations d'une ministre, puis ex-ministre, à la communication particulièrement surveillée.

21 janvier 2020 : le risque est "faible mais pas exclu"

Alors que le tout nouveau coronavirus commence à sévir en Chine, Agnès Buzyn se prononce quant à sa possible arrivée en France. Elle explique que "le risque d'introduction en France est faible mais ne peut pas être exclu, d'autant qu'il y a des lignes aériennes directes"  (avec Wuhan, épicentre de l'épidémie NDLR). Elle assure également que le système sanitaire français "est bien préparé. Les établissements de santé ont été informés et des recommandations de prise en charge ont été délivrées". Des déclarations qui seront contredites par la situation des hôpitaux au plus fort de la crise, les appels à l'aide des personnels soignants, le manque d'équipements et la saturation des lits en réanimation (plus de 7000 au plus fort de la crise, là où 5000 lits étaient comptés au début).

26 janvier 2020 : le port du masque jugé "totalement inutile"

Quelques jours après, la France dénombre déjà trois cas confirmés de coronavirus sur son territoire. Interrogée sur les achats massifs de masques par les Français, la ministre de la Santé estime qu'il s'agit d'une précaution "totalement inutile". Elle précise qu'"qu’aujourd’hui, il n’y a aucune indication à acheter des masques pour la population française" et que leur usage n'est pertinent que pour les personnes déjà malades. Une affirmation démentie a posteriori par les recommandations des autorités médicales, qui laisse penser que, si le gouvernement pensait que les masques étaient inutiles, c'est parce que la production de la France, et surtout, ses stocks, étaient particulièrement bas. Elle affirmera ainsi que la France dispose de "dizaines de millions de masques en stock en cas d’épidémie". Une affirmation dite sur un ton rassurant, alors que l'épidémie demandera de réquisitionner tous les stocks pour équiper les personnels de santé, demandant un délai certains aux autorités pour en commander et en fabriquer pour le reste de la population.

17 mars 2020 : "on aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade"

Après de multiples délibérations, le premier tour des élections municipales est maintenu le dimanche 15 mars dans un contexte sanitaire particulièrement alarmant. Deux jours plus tard, Agnès Buzyn, qui a quitté son ministère pour briguer la mairie de Paris, se lâche dans un entretien accordé au Monde. Largement devancée par ses rivales Rachida Dati et Anne Hidalgo, la candidate LaRem fait part de son incompréhension : "Depuis le début, je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade." "Quand j’ai quitté le ministère, rajoute-t-elle, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous". Des propos qui ont choqué l'opinion française mais aussi une grande partie de la classe politique, qui y voient là un signe d'irresponsabilité. L'exécutif lui-même n'appréciera pas la sortie de l'ex-ministre, qui insinue que le Premier ministre n'a pas pris la mesure de ses alertes au mois de janvier. 

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3 juin 2020 : "il n'y avait pas d'expert en février qui alertait l'opinion publique ou les autorités"

Finalement repartie en campagne pour le deuxième tour des municipales à Paris, Agnès Buzyn doit désormais assumer ses déclarations d'après-premier tour. Critiquée pour sa gestion de la crise sanitaire et pour avoir quitté le navire alors qu'elle savait que la tempête arrivait, elle affirme pourtant avoir réagi à temps au regard des informations dont elle disposait alors. Au micro de RMC, elle se dédouane et suggère qu'il n'y "avait pas d'expert en février qui alertait l'opinion publique ou les autorités". Des premiers signaux commençaient pourtant à émerger. A titre d'exemple, dès le 23 janvier l'OMS prévenait que "ce n'est pas encore une urgence sanitaire mondiale", mais "cela pourrait le devenir." 

26 juin 2020 : "J’ai tellement de choses à dire aux Français"

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A l'avant veille d'un scrutin décisif, la candidate LaRem s'exprime sur les ondes de LCI. Elle explique qu'elle attend "avec impatience" la date de sa convocation devant la commission d'enquête sur la gestion de la crise sanitaire. Elle précise : "J'ai tellement de choses à dire aux Français. Je n’ai pas pu les dire car je suis obligée de me réserver pour la représentation nationale". Elle tente également de justifier son bilan en affirmant que sa "seule et unique préoccupation" lors de sa période au ministère était la santé des Français. Deux jours plus tard, lors du vote marqué par une abstention record, Agnès Buzyn ne récolte que 13,3% des suffrages exprimés pour élire le nouveau maire de Paris. Un large désaveu qui vient mettre un point final sur ce qui a constitué une véritable descente aux enfers. 

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