Elle a refusé de voter la confiance à Bernard Cazeneuve : Barbara Romagnan, la dernière des frondeuses

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Bernard Cazeneuve Premier ministre

PORTRAIT - Elle est la seule députée de la majorité à n'avoir pas accordé sa confiance à Bernard Cazeneuve ce mardi, à l'issue de son secours de politique générale. Irréductible frondeuse et chantre de la transparence, retour sur les faits d'armes de Barbara Romagnan.

Bernard Cazeneuve a obtenu ce mardi une large confiance de la part de l'Assemblée nationale à l’issue de son discours de politique générale devant les députés. L’intention du nouveau Premier ministre de faire que chaque journée de son court bail à Matignon soit "utile" pour "préparer l'avenir" a été approuvée par 305 voix contre 239 et dix abstentions. Soit davantage que pour le second gouvernement de Manuel Valls en septembre 2014 (269 voix pour, 244 contre, 53 abstentions). En outre, tous les frondeurs ont accordé leur confiance à Bernard Cazeneuve, à l’exception d’une élue socialiste : Barbara Romagnan, députée de la 1ère circonscription du Doubs depuis 2012.

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    Transparence et opiniâtre

    Celle qui n’a jamais accordé sa confiance à Manuel Valls et qui s’abstient donc pour la troisième fois consécutive, après un discours de politique générale d’un Premier ministre de son camp, s’était déjà abstenue en 2012 lors du vote relatif au Pacte de responsabilité.  Dans les colonnes de L’Express, elle évoque un "choix de cohérence". Si elle précise ne rien avoir contre Bernard Cazeneuve, la députée estime que "la politique sera la même. Je ne vais pas changer mon vote. Je ne vote pas contre, je m'abstiens". 

    Proche des questions d’éducation, de petite enfance et de santé, Barbara Romagnan met un point d’honneur à rester transparente et droite dans ses bottes. En témoigne l’une des rubriques de son site, dans laquelle elle dresse un bilan annuel de son mandat. Dépenses de sa réserve parlementaire et de ses indemnités de représentation, privilèges, votes, déplacements... Tout y passe. "Ces signes, simples et qui ne coûtent rien, sont de nature à redonner un peu confiance en la politique", expliquait-elle à Libération en 2013. 

    Transparence et anti-austérité

    Chantre de la "moralisation de la vie politique", inconditionnelle de Benoit Hamon, elle se bat contre le cumul des mandats. Question de pragmatisme, elle ne voit pas comment exercer pleinement son mandat en cumulant d'autres fonctions. "Il y a des choses que je ne gère toujours pas très bien. Et encore, je ne fais rien d'autre que députée", confessait-elle, huit mois après son entrée à l’Assemblée.

    Les convictions chevillées au corps, la députée du Doubs, résolument anti-austérité, avait commencé à se démarquer, dès septembre 2012, à s'opposer aux infléchissements du gouvernement en matière économique. Ainsi dans cette tribune dans Libé, dans laquelle elle expliquait pourquoi elle ne voterait pas le traité de stabilité européen, un texte qui entérinait une "politique d'austérité" dont elle dénonce "l'échec manifeste" et qui réduisait "la politique économique [d'un pays, ndlr] à une règle de droit à laquelle les parlements nationaux devraient se soumettre." Ou lorsqu'elle vota le texte pour présenter la motion de censure des frondeurs suite à la deuxième utilisation du 49-3 pour faire passer la loi Travail.

    Cette constance à rappeler la majorité socialiste à ses devoirs lui vaudra-t-elle les foudres du Parti socialiste ? C'est fort probable : les instances départementales du parti lui avaient déjà reproché son premier vote contre l'état d'urgence. Mais en attendant, sa fidélité à ses principes semble payer. Elle a en effet été réinvestie en vue des législatives, le 9 décembre, par les militants doubistes.

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