Confiance au gouvernement Philippe : large majorité... et très large abstention

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CONFIANCE - Sans grande surprise, le discours de politique générale d'Edouard Philippe a été approuvée ce mardi par 370 députés contre 67. C'est la plus faible opposition depuis 1959. Mais ce que l'on retiendra surtout, c'est le record d'abstentions : 129 voix sont restées désespérément muettes.

Décidement, l'abstention marque au fer rouge le nouvel exécutif. Après un score inédit sous la Vème République lors des législatives, un nouveau record vient d'être battu par les députés qui ont été 129 à s'abstenir ce mardi devant le discours de politique général d'Edouard Philippe. Un chiffre qui n'entache en rien la large confiance exprimée au gouvernement par la nouvelle Assemblée - 370 voix pour. Et pour cause : la République en Marche et son allié du Modem sont très largement majoritaires dans l'hémicycle.

Une majorité indiscutable

Sans surprise aucune, 305 des 314 députés de La République en marche ont donné leur confiance, les 7 ayant été nommés au gouvernement n'ayant pas pris part au vote, de même que le président de l'Assemblée François de Rugy et l'ex-PS rallié Patrick Vignal. De même 46 des 47 élus MoDem se sont prononcés pour, la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieusecq n'y ayant pas participé.


Assez naturellement, on trouve aussi dans les "pour" 12 députés "constructifs", essentiellement des LR tels Thierry Solère, Franck Riester, Pierre-Yves Bournazel et Agnès Firmin Le Bodo - qui a pris la circonscription d'Edouard Philippe au Havre -, mais aussi quelques UDI comme Bertrand Pancher et Maina Sage. En revanche, signe d'une véritable cacophonie au sein du PS, trois députés socialistes, Guillaume Garot, David Habib et l'ultramarine Hélène Vainqueur-Christophe, ont accordé leur bienveillance au gouvernement. On notera également le ralliement d'un élu LR de Mayotte, Mansour Kamardine, et de trois députés ne faisant partie d'aucun groupe, le divers gauche Olivier Falorni et les radicales de gauche Sylvia Pinel et Jeanine Dubié.  


Un soutien attendu qui a réjoui le locataire de Matignon, quand bien même ce dernier n'a pas atteint le record de 464, établi par Alain Juppé en 1996. Ce dernier s''est dit "très heureux" que "la confiance se soit exprimée un peu au-delà encore des groupes qui constituent la majorité", y voyant un départ "sur des bonnes bases".

La plus faible opposition depuis 1959

67. Vous avez bien lu : 67, c'est le nombre de députés qui ont voté contre la confiance au gouvernement. C'est la plus faible opposition sur un vote de politique générale depuis 1959, signe certainement de cette recomposition politique à laquelle on assiste. 


Ils l'avaient annoncé avec tambours et trompettes, les 17 députés de La France insoumise menés par Jean-Luc Mélenchon ont donc unanimement voté contre, de même que 12 des 16 membres du groupe des communistes, et 5 Nouvelle Gauche (ex-groupe PS) dont Luc Carvounas, Régis Juanico et Boris Vallaud. Evidemment, on peut ajouter les 8 députés FN, dont Marine Le Pen, ou Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Bompard. Du côté du groupe LR, seuls 23 des 100 députés se sont prononcés contre, dont Eric Ciotti, Daniel Fasquelle, Guillaume Larrivé ou Michèle Tabarot.

Une abstention record

Du jamais vu, là aussi. 129 députés ont décidé de mettre leurs voix en veilleuse. Au sein du principal groupe d'opposition, Les Républicains, dont est issu Édouard Philippe, 75 députés sur 100 se sont abstenus, y compris leur président Christian Jacob.  Un "changement phénoménal de culture à LR", a observé le député Philippe Gosselin, pour qui "c'est maintenant au gouvernement de ne pas décevoir". Les "constructifs" LR-UDI-indépendants ont aussi majoritairement opté pour l'abstention, soit 23 d'entre eux, notamment les UDI Jean-Christophe Lagarde et Philippe Vigier, et la LR Laure de la Raudière. Signe que les deux groupes de droite ne sont pas aussi irréconciliables qu'ils l'ont laissé entendre ces derniers jours ?


Abstention majoritaire également dans les rangs de Nouvelle Gauche, soit 23 députés, dont le président Olivier Faure, la vice-présidente Delphine Batho ou Stéphane Le Foll. Quatre ultramarins membres du groupe des communistes ont également rejoint les abstentionnistes, ainsi que les trois députés de Corse et Jean Lassalle.

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