Congrès de l'AMF : pourquoi le soutien des maires est si convoité par le pouvoir

Des maires réunis aux Assises des maires bretons le 3 avril 2019 à Saint-Brieuc

INFLUENTS - Alors que l'Association des maires de France élit son nouveau président, pourquoi les édiles sont-ils si courtisés ? Pourquoi les avoir avec soi est-il un atout non négligeable dans l'exercice du pouvoir ?

Ce n'est pas pour rien que la guerre fait rage entre David Lisnard et Philippe Laurent pour la présidence de l'Association des maires de France (AMF). A quatre mois de la présidentielle, l'élection du président de l'AMF est plus cruciale que jamais. Se mettre dans la poche les 34.000 membres de la puissante association avant le scrutin d'avril 2022 et avant le prochain quinquennat est un atout non négligeable.

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L'élection présidentielle 2022

Pour la succession de François Baroin, les Républicains poussent en faveur du maire LR de Cannes David Lisnard. Ainsi, s'ils l'emportent en 2022, ils auront derrière eux ces élus locaux, et dans le cas contraire ils pourront s'appuyer sur eux pour nuire et s'opposer au pouvoir en place. A l'inverse, la majorité, même si elle s'en défend, a tout intérêt à soutenir le maire UDI de Sceaux, qui défend une "AMF qui ne soit pour ou contre personne et qui ait une seule boussole : la cause des maires"

Emmanuel Macron lui-même a constaté que des maires hostiles pouvaient compliquer l'exercice du pouvoir. A son arrivée à l'Elysée, les relations ont été compliquées avec les maires de France. Alors qu'il avait annoncé la suppression de la taxe d'habitation, Emmanuel Macron avait été sifflé lors de sa première intervention au congrès de l'AMF. L'année suivante, il avait boycotté l'événement, alors que les maires s'indignaient du hashtag #BalanceTonMaire lancé par la Macronie pour dénoncer ceux qui avaient relevé leur taxe d'habitation. Depuis, Emmanuel Macron ne cesse de déclarer aux maires qu'il a besoin d'eux, et leurs relations se sont améliorées à la faveur des Grands débats organisés à la suite de la crise des Gilets jaunes, et de la crise sanitaire. 

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Assoir son ancrage local

Des déboires moins susceptibles d'arriver lorsque la majorité des maires sympathisent avec l'exécutif en place. C'est là un autre enjeu important : les maires permettent d'assoir son ancrage local, de bénéficier de relais sur le terrain. Ce dont ne bénéficie pas La République en marche, qui compte très peu de maires élus sous son étiquette. C'est pourquoi Emmanuel Macron a chargé quelques-uns de ses proches de mettre en place des "comités locaux de soutien à l'action du président". Ville par ville, ces clubs de maires et d'élus locaux fourniront de précieux relais en vue d'une campagne, puis en vue d'un second mandat. 

Aussi, en cette période électorale, les maires sont fortement sollicités par les candidats à la présidentielle pour récolter des parrainages. Alors qu'ils sont en grande majorité réticents à accorder leur signature, ils sont plus enclins à le faire pour le candidat d'un parti dont ils sont proches, ou majoritaire. 

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