Contrôle des chômeurs : une proposition qui divise la classe politique

Contrôle des chômeurs : une proposition qui divise la classe politique

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POLÉMIQUE - En réaction à la publication mercredi par le Canard Enchaîné d'une note confidentielle dans laquelle on apprend que le gouvernement s’apprête à durcir un peu plus les modalités de sanctions à l’encontre des chômeurs, les réactions politiques ne sont pas faites attendre.

La note confidentielle dévoilée par le Canard Enchaîné ce mercredi semble avoir réveillé la classe politique en cette période de trêve des confiseurs. Dans celle-ci, on apprend qu'en cas de recherche insuffisante ou de refus répétés d’offres d’emploi ou de formations par des chômeurs, les "mauvais élèves" verraient leurs indemnités réduites de moitié dès le premier manquement.


Cette proposition, qui n'est pas vraiment une surprise car Emmanuel Macron avait exprimé sa volonté de réformer les modes de contrôle des chômeurs pendant la campagne, a fait beaucoup réagir ce mercredi... 

Le patronat est ravi

Le syndicat patronal se dit  ravi  : "Ce qu'il faut comprendre c'est que l'Assurance-chômage c'est du conseil, c'est de l'accompagnement mais c'est aussi du contrôle", explique ainsi le vice-président du MEDEF Thibault Lanxade au micro de LCI. "Ce n'est pas du harcèlement, c'est tout simplement le fait que cette assurance corresponde bel et bien à une recherche d'emploi, et l'on contrôle, on monitore on va dire cet recherche d'emploi, donc il n'y a rien de plus normal", poursuit-il. "C'est une mesure d'équité que les Français demandent et puis, quand on regarde ce qui se passe dans les autres pays européens, je pense notamment à l'Angleterre mais aussi à la Suisse, on voit que les contrôles sont plus réguliers.

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Thibault Lanxade (MEDEF) : L'Assurance-chômage c'est du conseil, c'est de l'accompagnement mais c'est aussi du contrôle"

Les députés de LREM sont aussi montés au créneau pour défendre la mesure. Selon le député La République en marche Sylvain Maillard, être au chômage donne "droits et devoirs", a-t-il martelé sur l'antenne de RTL.

Pendant la campagne, "nous avons dit qu'être au chômage donnait des droits et des devoirs", a rappelé M. Maillard sur RTL. "Les droits c'est d'avoir une formation beaucoup plus efficace (...) mais, à côté de ça, on a des devoirs: le devoir de chercher en permanence un emploi ou d'accepter un emploi qui correspond à (sa) qualification, ou en tout cas à ses espérances de travail".

Les syndicats et la France Insoumise s'indignent

Evidemment, cette annonce n'est pas du goût de tous. Charlotte Girard, co-responsable du programme de la France Insoumise, dénonce ainsi une "chasse aux chômeurs", à "ces Français fainéants, ces 'riens' qui préfèrent les allocations plutôt que d'aller travailler". "Nous ce que nous disons c'est qu'au contraire, plutôt qu'un flicage des chômeurs, il serait bien de soigner le marché du travail et de faire en sorte que les gens soient employés dignement", nous indique-t-elle.

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Charlotte Girard (FI) : "Plutôt qu'un flicage des chômeurs, il serait bien de soigner le marché du travail et de faire en sorte que les gens soient employés dignement."

Le député FI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a lui aussi vivement dénoncé au micro de LCI les futures propositions du gouvernement. "Le gouvernement va mettre en place des mesures pour encore plus pénaliser les chômeurs", dénonce Alexis Corbière. Selon lui, l'explication est simple. "Le but, c'est d'afficher une pseudo baisse du chômage en supprimant des chômeurs, ce n'est que ça qu'ils veulent faire", affirme-t-il.

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10H CORBIERE CONTROLE DES CHOMEURS

Même son de cloche du côté de la CGT. "C'est toujours les plus pauvres qu'on contrôle", regrette amèrement Alain Florin, du bureau national du comité de chômeurs, tirant un parallèle avec les "milliards d'euros" versés aux entreprises. Là,"on n'a pas été en capacité de savoir ce qu'ils sont devenus", souligne-t-il. Surtout, Alain Florin se demande comment les agents de Pôle emploi ferront pour gérer tous ces contrôles. Avec plus de contrôleurs, répond le gouvernement. Les effectifs devraient être multipliés par cinq d'ici la fin du quinquennat : de 200 à 1000.

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Alain Florin (CGT) : "C'est toujours les plus pauvres qu'on contrôle (...) l'Etat a versé 40 milliards d'euros aux entreprises, on n'a pas été en capacité de savoir ce qu'ils sont devenus."

Plus surprenant, le député FN du Gard Gilbert Collard a lieu aussi dénoncé les futures propositions du gouvernement sur LCI. "Ce qui m'inquiète, c'est l'idée qu'on veut installer que le chômeur maintenant, il est en surveillance, il est en sursis de surveillance", déplore Gilbert Collard.

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Gilbert Collard est l'invité politique de LCI du mercredi 27 décembre

Une polémique qui risque de durer dans les prochains semaines puisque les négociations sur la réforme de l'assurance chômage entre patronat et syndicats doivent démarrer courant janvier. 

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