Contrôles au faciès dans les gares : les propos du ministre des Transports scandalisent

Contrôles au faciès dans les gares : les propos du ministre des Transports scandalisent

Politique
DirectLCI
POLEMIQUE – En confirmant ce lundi matin le renforcement des contrôles aléatoires de bagages dans les gares SNCF, le secrétaire d'Etat chargé des Transports Alain Vidalies a assumé le risque que ceux-ci s'avèrent discriminatoires. Une sortie qui étonne...

Un ministre socialiste qui justifie les contrôles au faciès... A la suite de l'attaque du Thalys vendredi, le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a confirmé ce lundi matin sur Europe 1 le renforcement du "contrôle aléatoire des bagages". Et alors que le journaliste relayait l’objection selon laquelle "la fouille aléatoire est discriminatoire", le ministre a lâché : "Bah écoutez, moi je préfère qu'on discrimine, effectivement, pour être efficace, plutôt que de rester spectateur".


Une promesse de François Hollande

Une réflexion étonnante, quand on se souvient que le contrôle au faciès est dénoncé de longue date par la gauche française. Durant sa campagne présidentielle, François Hollande en avait d'ailleurs fait son engagement numéro 30 : "
Je lutterai contre le 'délit de faciès' dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens". Une promesse qui est néanmoins restée lettre morte, après que Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, eut abandonné dès août 2012 la mesure annoncée par son Premier ministre Jean-Marc Ayrault : délivrer à chaque contrôle un récépissé permettant d'éviter que les mêmes personnes soient ciblées de manière répétitive.

EN SAVOIR +
>>
"Contrôles au faciès" : l'Etat condamné pour "faute lourde" dans cinq cas
>> Contrôle d'identité : les récépissés resteront lettre morte

Que la promesse de campagne n'ait pas été tenue n'a pas empêchée, ce lundi matin, de nombreux internautes d'exprimer sur Twitter leur étonnement, voire leur colère à la suite des propos du ministre socialiste :

Côté politique, les propos d'Alain Vidalies ont suscité la colère dans son propre camp. "La gauche forte", mouvement de l'aile gauche du PS, l'a ainsi appelé à "rectifier d'urgence" ces "propos inacceptables".

Pour les partenaires écologistes du PS, la secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse a remis les pendules à l'heure, en écrivant qu'on "ne 'prend pas en compte' le risque de discrimination, on le combat".

En revanche, à droite, l'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant a enfoncé le clou lundi soir sur BFMTV. "Cela peut être discriminatoire", a-t-il affirmé à propos des contrôles, "mais il faut savoir ce que l'on veut. Il faut des contrôles aléatoires". Pour l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy, "certains ont plus une allure de délinquant que d'autres".

Face à la polémique, le secrétaire d'Etat aux Transports s'est fendu de trois tweets pour préciser sa pensée : "Dès qu'on parle de contrôle aléatoire il est opposé le risque de discrimination. Ce risque existe mais ne doit pas nous empêcher d'agir. La réponse est notamment dans la formation des personnels, des professionnels qui travaillent à la sécurité dans les transports".

Quelques heures plus tard, le ministre insiste dans un communiqué diffusé sur Twitter : "Il n'a bien entendu jamais été question de prôner la moindre méthode discriminatoire".

>> Et vous, qu'en pensez-vous :

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter