"Conversations privées avec le président" : 5 choses à retenir des confessions de François Hollande

"Conversations privées avec le président" : 5 choses à retenir des confessions de François Hollande

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MISE A NU – François Hollande s’est longuement entretenu, entre 2012 et 2016, avec les journalistes Antonin André et Karim Rissouli. Des "conversations privées" qui font l’objet d’un ouvrage dont Le Point publie jeudi les bonnes feuilles. Du François Hollande grand cru, et surtout cru.

Les journalistes Antonin André et Karim Rissouli l’ont rencontré à 32 reprises entre février 2012 et mai 2016. Des échanges au débotté, dont le verbatim très cru est publié dans Conversations privées avec le président (Albin Michel). Un ouvrage dont Le Point publie les bonnes feuilles ce jeudi, et qui donne un éclairage saisissant sur la façon dont François Hollande a abordé ce quinquennat qui ne l’aura pas laissé indemne. Voici 5 choses à retenir de ces extraits publiés.

2017, son dernier combat
"L’envie, je l’ai. C’est mon inclination personnelle." Oui, François Hollande rêve toujours de pouvoir briguer sa propre succession à la présidentielle de 2017 . Lâché par une partie de sa majorité, et bien sûr par l’opinion, le chef de l’Etat ne semble pourtant pas décidé. "Je ne ferai pas de choix de candidature", prévient-il, "si, d’évidence, elle ne pouvait pas se traduire par une possibilité de victoire". Mais il semble au moins aussi préoccupé, sinon plus, par la trace qu’il laissera à la postérité. "Ce qui est terrible, c’est de faire un mandat présidentiel dont il ne reste rien", confie-t-il aux journalistes. "Le drame, c’est quand vous laissez la place et que vos traces sur le sable s’effacent d’elles-mêmes." François Hollande confirme que, s’il échoue en 2017, il arrêtera sa carrière politique.

 Valls, le successeur désigné
Et si, finalement, François Hollande devait abandonner le combat de 2017 ? Ou bien le perdre ? Dans cette hypothèse, le fin analyste de la vie politique s’emploie à évaluer les chances des prétendants socialistes. Arnaud Montebourg, Benoit Hamon sont sur les rangs ? Le chef de l’Etat évacue. Pour lui, c’est Manuel Valls, son Premier ministre, qui a la stature. "Franchement, Valls aura démontré, quel que soit le résultat de la présidentielle, qu’il a été à la hauteur pendant trois ans. Il est celui qui a la plus grande expérience politique." Et d’enfoncer le clou : "Je ne sais pas ce que seront leurs vies dans les prochaines années (aux prétendants socialistes), mais ils ne seront pas sur le même espace". Entendre : c’est Manuel Valls qui surnage. Même si, estime le Président, son Premier ministre a commis "une erreur majeure de communication" lors du débat sur la loi Travail.

 Macron, "un garçon simple" et "gentil"
Malgré les sorties fracassantes de son ministre de l’Economie, François Hollande confirme l’incroyable bienveillance qu’il a toujours eue pour Emmanuel Macron, l'ex-conseiller qu’il a propulsé au gouvernement. Assurant que c’est bien "un homme de gauche" , le Président jure que c’est un "garçon gentil", "simple" et… "totalement fidèle", même si ses critiques répétées dans la presse sur le bilan du quinquennat, "ça ne va pas". Emmanuel Macron a un handicap : "il n’a aucune expérience politique". Et un atout : "il est connu à l’international".

 Sarkozy est toujours "pénible", mais il reste le favori
Le courant n’est jamais passé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Même au lendemain des attentats du 13 novembre, lorsqu’il consulte l’ancien chef de l’Etat à l’Elysée, l’entretien est "pénible". "Il a commencé à taper sur Christiane Taubira en expliquant que je devais la virer", raconte le chef de l’Etat. "J’ai eu droit au chapitre sur l’emprisonnement des fichés S… C’était vraiment pénible". Plus généralement, François Hollande juge que son prédécesseur n’a pas changé depuis sa défaite en 2012. "Le même, avec les mêmes histoires, les mêmes façons de parler, me disant des choses qu’il ne devrait pas dire. Dire du mal de Fillon, de Copé, de tous… Il ne devrait pas me dire ça à moi ! Je suis son adversaire !" Malgré tout, pronostique l’actuel résident de l’Elysée, "s’il ne lui arrive rien, c’est lui que j’affronterai. Je ne vois pas bien comment ils pourront l’en empêcher […] Il a plus de qualités que les autres, il a plus de défauts aussi".

 Leonarda, c’était la faute aux médias et au PS
"L’affaire Leonarda" est un épisode qui a profondément miné la première partie du quinquennat de François Hollande, fin 2013. Cette mineure expulsée au Kosovo et à laquelle François Hollande avait proposé de revenir (sans sa famille) s’était payée le luxe de refuser la proposition du chef de l’Etat, dont l’autorité avait été sérieusement écornée à l’occasion. Avec le recul, le Président estime qu’il traiterait l’affaire "de la même manière", mais qu’il laisserait Manuel Valls "en faire le service après-vente télévisé". A-t-il commis une erreur ? Pas du tout : c’est la faute des médias, qui ont "multiplié les interviews de cette gamine avec une complaisance inouïe". Mais aussi du Parti socialiste, qui a "lâché" le chef de l’Etat en demandant le retour de toute la famille. Qu’on se le dise : "dans cette affaire, le PS a fait une faute politique". Pas François Hollande, bien sûr.

>> Conversations privées avec le président, d'Antonin André et Karim Rissouli (Albin Michel, 320 pages, 19.50 euros).

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