"Le pari d'Emmanuel Macron est un pari perdu", juge Olivier Faure

"Le pari d'Emmanuel Macron est un pari perdu", juge Olivier Faure

INTERVIEW - Invité de LCI ce mardi 30 mars, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a critiqué la stratégie du président de la République face au Covid-19. Il s'est par ailleurs dit favorable à des vacances scolaires anticipées pour casser la courbe de l'épidémie.

"Le pari d'Emmanuel Macron est un pari perdu". Depuis le début de l'année, le président de la République reste droit dans ses bottes : il veut tout tenter pour éviter un reconfinement national. Le chef de l'État continue, pour l'instant, de maintenir la ligne directrice qu'il s'est fixée, en optant par exemple il y a une dizaine de jours pour la formule "freiner sans enfermer" dans une vingtaine de départements. Or, l'efficacité de ces mesures de freinage tarde à se vérifier, alors que la France est submergée par une nouvelle flambée épidémique, le pic de la deuxième vague en réanimation ayant été dépassé lundi 29 mars.

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"Il faut en finir avec le Roi thaumaturge", a tancé Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, invité de LCI ce mardi 30 mars. "Vous savez, ces rois qui faisaient des miracles ou du moins qu'on voulait croire qu'ils faisaient des miracles. J'ai lu ce que disent les uns et les autres, ses courtisans, qu'il (Emmanuel Macron) est devenu épidémiologiste. Rien que ça ! La réalité, c'est que le pari qu'il a pris pour les Françaises et les Français, le 29 janvier, c'est un pari perdu. Aujourd'hui, il faut en tirer les conséquences."

Chaque jour qui passe n'est pas une journée gagnée- Olivier Faure, Premier secrétaire du PS

"Il n'y a pas, contrairement à ce que nous a dit Emmanuel Macron, des modélisateurs qui se seraient trompés et lui qui aurait réussi à défier le monde médical. La réalité, c'est que malheureusement ce n'est pas un pari couronné de succès", a martelé le député PS de Seine-Maritime, très critique à l'égard des choix du locataire de l'Élysée. "Aujourd'hui, chaque jour qui passe n'est pas une journée gagnée, c'est une journée avec un Airbus qui s'écrase. Il y a des gens meurent de notre inaction."

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Sans se prononcer en faveur de la fermeture des écoles, Olivier Faure a souhaité "qu'on aille plus loin" pour casser la courbe de l'épidémie. "Qu'on avance, par exemple, les congés scolaires. Qu'au moment où on doit freiner le virus, qu'on puisse le faire. Si on dit que les congés n'ont pas lieu dans dix jours, mais maintenant ça permet de faire gagner du temps", a-t-il jugé. 

"Pour l'instant, elles se ferment les écoles", a-t-il constaté, évoquant la circulation exponentielle du virus en milieu scolaire. "Je regarde dans ma propre circonscription, tous les jours on a des écoles qui ferment, des classes qui ferment, des élèves qui ont des profs qui sont là ou ne sont pas là. C'est le grand bazar et le grand brassage parce que quand vous n'avez pas d'enseignants, il faut mettre les élèves quelque part. On les rajoute à des classes. Tout ça ne fonctionne pas, aujourd'hui il faut avancer vite".

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